Affaire Leonarda: Après les vacances de la Toussaint, nouvelles manifestations mardi et jeudi

EXPULSIONS Selon les organisations lycéennes et étudiantes, les vacances ont «cassé la dynamique»...

W. M. (avec AFP)
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Paris le 17 octobre 2013. Manifestation des lyceens contre les expulsions de Leonarda et Khatchik. Forces de l'ordre.
Paris le 17 octobre 2013. Manifestation des lyceens contre les expulsions de Leonarda et Khatchik. Forces de l'ordre. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Après les vacances, le retour dans la rue? Les lycéens et   étudiants prévoient de manifester de nouveau mardi et jeudi partout en   France contre les expulsions de jeunes étrangers scolarisés, illustrées   par l'affaire Leonarda, jugeant que François Hollande n'a pas répondu à   leur revendication d'une autre politique migratoire.

Les organisations lycéennes UNL et Fidl et étudiante Unef  réclament  le retour de la collégienne rom Leonarda Dibrani, 15 ans,  expulsée le 9  octobre du Doubs vers le Kosovo après avoir été remise à  la police  lors d'une sortie scolaire, et le retour de Khatchik  Kachatryan, 19  ans, lycéen à Paris expulsé le 12 octobre vers l'Arménie.

Leonarda est «un symbole, il y a eu une effervescence  médiatique et  politique autour de son cas, mais il y a tout un tas de  jeunes  scolarisés qui sont expulsés», note Mathieu Landau, porte-parole  de  l'Unef. «Les mobilisations ont révélé un ras-le-bol des lycéens et  des  étudiants face à une situation qui n'est pas différente de celle  qu'on  avait sous Nicolas Sarkozy», ajoute-t-il.

Avant les vacances de la Toussaint, des milliers de lycéens  ont  défilé plusieurs jours, essentiellement à Paris, et bloqué l'entrée  de  quelques établissements. Face à l'émotion suscitée par l'interpellation de la jeune  Leonarda  dans le cadre scolaire, le chef de l'Etat est monté en première  ligne  le 19 octobre pour proposer à la collégienne de revenir étudier  en  France mais sans sa famille (ses parents et cinq frères et soeurs),  une  demi-mesure qui a provoqué un tollé au sein même de sa majorité.

C'est une «proposition choquante», estime l'Unef. François  Hollande  «ne règle pas la situation de Leonarda et il n'a pas évoqué  Khatchik»,  critique Yvan Dementhon, président de l'UNL. Après avoir hésité, Leonarda a finalement assuré ne pas  vouloir  regagner la France sans ses parents, qui ont déposé un recours  pour  obtenir un titre de séjour.

«Les vacances ont cassé la dynamique»

Le président Hollande avait également estimé que l'école  devait être  «préservée». Une circulaire a été adressée aux préfets,  durcissant  l'interdiction faite aux forces de l'ordre d'intervenir dans  le cadre  scolaire et périscolaire lors des expulsions d'étrangers en  situation  irrégulière.

«Plutôt qu'une sanctuarisation de l'école, on attend une   sanctuarisation de la scolarité, c'est-à-dire que tout jeune, mineur ou   majeur sans papiers scolarisé, doit pouvoir rester en France pour finir   ses études avec sa famille», dit Yvan Dementhon.

L'UNL, l'Unef, la Fidl et le Réseau éducation sans frontières  RESF  (collectifs de parents, d'enseignants, d'élus et de militants),  qui  avait médiatisé l'affaire Leonarda révélée par le Parti de gauche,   appellent à défiler mardi pour exiger «l'arrêt immédiat» des expulsions   de jeunes en cours de formation.

En outre, la Fidl appelle à «une semaine d'actions»  (distributions  de tracts, rassemblements, AG...) à partir de lundi et à  une deuxième  manifestation jeudi, selon Juliette Chilowicz, secrétaire  générale. «Il y a des expulsions d'enfants scolarisés mais on n'a pas  toujours  l'info», dit Juliette Chilowicz, soulignant que «la  mobilisation des  lycéens a commencé le 7 octobre pour Khatchik puis  l'affaire Leonarda  est venue se greffer là-dessus». «Deux jeunes en peu  de temps, c'est  insupportable».

La Fidl refuse «une France recroquevillée sur elle-même» et réclame «un changement radical de la politique migratoire». L'UNL pourrait aussi se mobiliser jeudi «si le gouvernement  ne  répond pas au plus vite aux revendications des jeunes et si elles ne   sont pas satisfaisantes», avertit Yvan Dementhon.

«L'affaire Leonarda est passée. Il ne se passe pas  grand-chose sur  les forums. Les vacances ont cassé la dynamique»,  constate de son côté  Véronique Reille-Soult, spécialisée dans la  surveillance de l'opinion  en ligne.