Le ministre de l'interieur Manuel Valls repondant a l'invitation de Jean  Germain maire de Tours pour l'inauguration de la ligne de Tramway a  Tours en août 2013.
Le ministre de l'interieur Manuel Valls repondant a l'invitation de Jean Germain maire de Tours pour l'inauguration de la ligne de Tramway a Tours en août 2013. — SOUVANT GUILLAUME/SIPA

Société

Mariages chinois: Le sénateur-maire de Tours, Jean Germain (PS), mis en examen

SOCIETE – Il est mis en cause dans l'affaire dite des «mariages chinois», entourés de malversations présumées dans sa ville...

Le sénateur-maire de Tours, Jean Germain (PS), a été mis en examen dans l'affaire dite des «mariages chinois» entre 2007 et 2011, a-t-on appris jeudi soir dans un communiqué diffusé par la mairie de Tours.

«Les juges ont estimé qu'à ce stade de l'information, il pouvait exister des charges leur permettant de soupçonner Jean Germain d'avoir été informé des faits de prise illégale d'intérêt commis par Madame Lise Han et l'ont, en conséquence, mis en examen pour complicité passive», indique son avocat, Me Dominique Tricaud, dans ce communiqué relayé par la municipalité.

«Aucun enrichissement d'aucune sorte n'a été relevé à l'encontre de Jean Germain», lit-on encore dans le communiqué.

«Noces romantiques»

Jusqu’en 2010, la mairie de Tours (Indre-et-Loire) proposait aux jeunes couples chinois des «Noces romantiques en Touraine», à savoir un séjour clé-en main, contre quelques milliers d'euros, avec séance de maquillage et de coiffure, cérémonie devant monsieur le maire dans la salle des mariages et photos des tourtereaux sur les bords de la Loire.

Lise Han était à l’époque à la fois employée municipale chargée des relations France-Chine et responsable de la société Lotus bleu, chargée d’organiser des événements culturels relatifs à la Chine. Elle est suspectée d’avoir touché en quatre ans environ 800.000 euros d’argent public, en confiant à sa propre entreprise les contrats des «Noces romantiques».

L’affaire avait été révélée par Le Canard enchaîné en août 2011. En novembre de la même année, le parquet a ouvert une enquête préliminaire. Lise Han avait alors quitté son poste à la mairie pour devenir «chargée de mission développement touristique international» - un poste  que la justice soupçonne d’être fictif.

Selon une enquête de Libération publiée en février, quatre personnes ont été mises en examen depuis fin janvier, notamment pour escroquerie, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt et emploi fictif.

 Fin mai, la justice avait demandé la levée de l'immunité parlementaire de M. Germain mais cette levée avait été refusée par le Sénat.