La grogne des sages-femmes monte d’un ton

Delphine Bancaud
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Manifestation de sages-femmes à Paris le 4 octobre 2011.
Manifestation de sages-femmes à Paris le 4 octobre 2011. — MAISONNEUVE/SIPA

«Cigognes oui, pigeons non». Les sages-femmes sont bien loin de désarmer. Elles ont entamé ce jeudi leur quinzième jour de grève pour réclamer une meilleure reconnaissance des responsabilités qu'elles exercent. A ce jour 98% des maternités publiques sont touchées par le mouvement, selon l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), même si les accouchements continuent à être assurés.

Les sages-femmes réclament le statut de praticien hospitalier, qui leur permettrait d'être reconnues comme profession médicale, comme les médecins, les pharmaciens et les dentistes qui exercent à l’hôpital. Car elles actuellement exercent sous le statut de profession paramédicale. «Or, on ne gère pas que les accouchements, mais on assure aussi le suivi médical de la grossesse, la prise en charge en sortie de maternité de la mère et du bébé, la consultation postnatale, le suivi  gynécologique et les consultations de contraception», souligne Caroline Raquin, présidente de l’ONSSF.

Des salaires faibles au regard du niveau de formation

Le fait de ne pas être reconnue comme profession médicale a aussi des incidences sur leur rémunération: «une sage-femme débutante gagne 1.700 euros par mois alors qu’elle a un bac + 5 et des responsabilités conséquentes. Et certaines infirmières spécialisées gagnent plus que les sages-femmes en ayant la même ancienneté, ça n’est pas logique», souligne Caroline Bouet, secrétaire nationale de l'association nationale des sages femmes cadres.

«La grogne monte, d’autant que le ras le bol concernant les conditions de travail est à son comble», renchérit Vincent Cicero, de l'Union nationale et syndicale des sages-femmes (UNSSF). Bien décidés à ne pas lâcher prises, plusieurs syndicats ont organisé deux grandes marches les 7 et 13 novembre. Une délégation sera ensuite reçue au ministère de la Santé. «Le ministère ne ferme pas la porte aux négociations, donc nous sommes confiantes», conclut Caroline Raquin.