Meurtres de l'Essonne: Vers une confrontation entre Michel Courtois et Yoni Palmier?

INFO «20 MINUTES» rès le non-lieu prononcé par le juge, l'avocate de la famille Davids a fait appel et demande une rencontre entre les deux hommes...

William Molinié

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Michel Courtois, le 12 juin 2012 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). L'homme de 46 ans, soupçonné du meurtre de Nathalie Davids, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 11 juin 2012.
Michel Courtois, le 12 juin 2012 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine). L'homme de 46 ans, soupçonné du meurtre de Nathalie Davids, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 11 juin 2012. — A.Gelebart/20 MINUTES

Peut-être l’ultime étape pour Michel Courtois avant d’être définitivement écarté de l’affaire des meurtres de l’Essonne. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit examiner ce jeudi matin l’appel de la partie civile qui conteste l'ordonnance de non-lieu rendu en sa faveur en juillet dernier.

L’homme de 47 ans était soupçonné du meurtre de Nathalie Davids, tué par arme à feu en novembre 2011. Jusqu’à ce que les policiers constatent trois autres meurtres dans le département commis avec la même arme, un pistolet semi-automatique de calibre 7.65mm. Impossible que Michel Courtois soit l’auteur de ces trois meurtres commis entre le 22 février et le 5 avril 2012 puisqu’il était à ce moment-là en prison pour le premier homicide.

Requêtes en nullité

Après plusieurs semaines d’enquêtes, un autre individu, Yoni Palmier, chez qui l’arme des crimes a été retrouvée, était arrêté pour cet assassinat et les trois suivants. Mais Michel Courtois, libéré sous contrôle judiciaire en juin 2012, restait mis en examen pour le meurtre de Nathalie Davids. En effet, la même arme pouvait très bien avoir changé de main entre le premier meurtre et les trois suivants, indiquaient à l’époque des sources judiciaires. Et surtout, Michel Courtois connaissait la victime, une laborantine de 35 ans avec qui il avait entretenu une relation amoureuse. Un mobile a priori parfait…

>> A lire sur 20 Minutes: L'interview de Michel Courtois au lendemain de sa remise en liberté...

Finalement, au cours de l’instruction, le juge a rendu un non-lieu en sa faveur, ce qui devait définitivement le disculper. Devait, car dans la foulée, l’avocate de la famille Davids, Elisabeth Auerbacher, a interjeté appel.Ce jeudi matin, elle va aussi déposer une requête en nullité pour tenter d’annuler l'ordonnance de non-lieu. Selon une source proche du dossier, le juge risque de lui donner raison sur une question de forme, «les réquisitions du procureur n'ayant pas été communiquées aux parties».

Sur le fond, l'avocate estime que «toutes les zones d'ombre ne sont pas levées». «Ce non-lieu ne permet pas la manifestation de la vérité, argumente-t-elle auprès de 20 Minutes. Courtois et Palmier se connaissaient-ils? Je n’en sais rien. On me dit que leurs fadettes ont été épluchées. Cela ne me suffit pas.»

Une confrontation?

Michel Courtois aurait-il pu, comme cela avait été évoqué un temps, commanditer les trois autres meurtres depuis sa cellule pour se disculper du premier? Quoi qu’il en soit, si Michel Courtois n’est pas l’auteur du meurtre de Nathalie Davids, Yoni Palmier porte-t-il cette responsabilité? Ce dernier a reconnu avoir donné l’ordre de la tuer. Mais il nie avoir appuyé sur la gâchette. «Le seul moyen de savoir s’il y avait une connexion entre les deux est d’organiser une confrontation. Cela aurait dû être fait bien avant», argue Elisabeth Auerbacher estimant que «le mode opératoire de ce premier meurtre n’est pas le même que les suivants».

De son côté, l’avocat de Michel Courtois, Yassine Bouzrou, rappelle que son client «n’a rien à voir dans cette affaire, ce qui a été démontré et acté par le juge». «Pourquoi vouloir une confrontation avec lui alors que l'enquête démontre qu'il est hors de cause? C'est stupide», réagit-il, contacté par 20 Minutes. Son client se dit «confiant» et «serein». «Même le parquet a repris tous les arguments de monsieur Courtois et les a développés. Il sait très bien qu'il n'a rien à voir dans cette affaire».

Quatre meurtres, une seule arme

Quatre personnes ont été tuées avec le même pistolet semi-automatique de calibre 7.65mm : Nathalie Davids, 35 ans, le 27 novembre 2011 à Juvisy-sur-Orge, Jean-Yves Bonnerue, 52 ans, le 22 février à Juvisy-sur-Orge, Marcel Brunetto, 81 ans, le 17 mars à Ris-Orangis et Nadjia Boudjemia-Lahcene, 48 ans, le 5 avril à Grigny.