Mobilisation contre la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu

Oihana Gabriel
— 
Les urgences de l'Hotel-Dieu, l'hôpital le plus ancien de Paris, sont menacées de fermeture.
Les urgences de l'Hotel-Dieu, l'hôpital le plus ancien de Paris, sont menacées de fermeture. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«La concertation doit reprendre le pas sur l’autoritarisme.» Tel est le mot d’ordre du rassemblement qui mobilise syndicats, médecins, associatifs et élus devant le ministère de la Santé ce mercredi matin. Le comité de soutien veut demander des comptes à Marisol Touraine, qui s’était engagé en juillet 2013 à retarder la fermeture des urgences de l’hôpital parisien de l’Hôtel-Dieu (4e), prévue le 4 novembre. Une annonce sans effet, puisque son avenir est plus que jamais compromis.

La transformation a déjà commencé

La direction de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris souhaite fermer ces urgences pour les remplacer par une maison médicale ouverte 24 heures sur 24. Une proposition, pour le moins controversée, qui coûterait moins cher que des travaux de rénovation trop lourds. Si le conseil de Paris avait marqué son désaccord en votant un moratoire mi-octobre, l’AP-HP n’a pas reculé. Et la mise à mort serait déjà signée, selon les syndicats, par le déménagement des lits de médecine interne, nécessaires au fonctionnement des urgences. Les pompiers réaffectent progressivement les ambulances vers les autres services d’urgence de Paris. Ce qui ne fera qu’amplifier l’attente dans des services déjà bondés, critique le comité de soutien aux urgences de l’Hôtel-Dieu.

Un sujet pour les municipales

Et l’avenir de cet hôpital en face de Notre-Dame s’est invité dans la campagne municipale. Dans un communiqué, Danielle Simonet, conseillère de Paris et candidate du Parti du Gauche, clame son mécontentement: «Dans six jours, le service de médecine interne est censé fermer. Si cette fermeture se confirme, les urgences devront également fermer ne pouvant légalement se maintenir sans lits d’aval. La promesse de la Ministre Marisol Touraine du report sine die de la fermeture des urgences se transformera en énième mensonge du gouvernement...» Le groupe UMPPA moquait de son côté dans un communiqué la «mascarade orchestrée par Jean-Marie Le Guen», adjoint au maire de Paris en charge de la Santé et les «revirements incessants de l’exécutif». Des critiques qui pourraient pousser le ministère à réagir.