Libération des otages d’Arlit: Retour sur trois ans de captivité

Vincent Vantighem

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Un homme marche devant l'entrée de la mine d'uranium du groupe Areva à Arlit, au Niger.
Un homme marche devant l'entrée de la mine d'uranium du groupe Areva à Arlit, au Niger. — ISSOUF SANOGO / AFP

16 septembre 2010

Il est trois heures du matin, le 16 septembre 2010, quand sept personnes sont capturées par un groupe d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Outre un Togolais et un Malgache, les autres otages sont Français et travaillent pour Areva et Satom (groupe Vinci). L’information est d’abord annoncée par les employeurs avant d’être confirmée par le ministère français des Affaires étrangères.

17 septembre 2010

Nicolas Sarkozy réunit un conseil restreint de défense. L’enlèvement s’inscrit dans un contexte de menaces répétées contre la France, notamment après les enlèvements de Pierre Camatte et Michel Germaneau.

18 septembre 2010

Si aucune revendication n’est encore communiquée, l’enquête s’oriente rapidement vers la piste d’Aqmi. Le convoi des ravisseurs est repéré par satellite. Leur route mène aux confins du désert malien.

22 septembre 2010

Al-Qaïda au Maghreb islamique revendique le rapt des sept otages. Brice Hortefeux, alors ministre de l'Intérieur en déplacement à Bamako (Mali), annonce que les 7 otages se trouvent au Mali.

30 septembre 2010

La chaîne Al-Jazira diffuse trois photos des otages, constituant la première preuve de vie. Un enregistrement audio confirme que les otages ont été enlevés par Aqmi.

16 novembre 2010

Premier contact avec les ravisseurs enlevés deux mois plus tôt. Les négociations semblent alors difficiles. Parmi les otages, Françoise Larribe est malade d’un cancer. Via un réseau malien, elle a pu obtenir des médicaments. Le Quai d’Orsay demande aux touristes de ne plus se rendre dans la région.

18 novembre 2010

Les ravisseurs demandent à la France de négocier le sort de ses otages directement avec Ben Laden et exige le retrait de ses troupes d'Afghanistan. Paris affirme que sa politique ne sera pas dictée de «l'extérieur».

21 janvier 2011

Oussama Ben Laden lie la libération des otages français au retrait des forces françaises en Afghanistan. Il prévient que les positions du président Sarkozy «coûteront cher». 

24 février 2011

La Française Françoise Larribe ainsi les otages Togolais et Malgache sont libérés en «territoire nigérien».

21 mars 2011

Les ravisseurs réclament «au moins 90 millions d'euros» pour la libération des quatre Français, demande qui est rejetée par la France.

26 avril 2011

Une vidéo fait son apparition dans laquelle les otages demandent au président Sarkozy «de retirer les troupes françaises d’Afghanistan». Refus de l’Etat français.

20 octobre 2011

A la veille des 400 jours de captivité, les familles des otages «espèrent» toujours leur libération. Ils diffusent des portraits de leurs proches.

Septembre 2012

Une nouvelle vidéo apparaît dans laquelle les otages demandent avec insistance leur libération, exigeant -sans doute sous la contrainte- que le gouvernement fasse quelque chose.

03 janvier 2013

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, reçoit les familles des otages pour faire un point sur les négociations et tenter de les rassurer.

13 mars 2013

«Dans le flou» total, les familles des victimes appellent à un rassemblement afin d’exiger la libération de leurs proches.

16 septembre 2013

L'agence d'information mauritanienne ANI affirme avoir reçu une vidéo des quatre Français, «visiblement en bonne santé» et appelant à «négocier leur libération».

19 septembre 2013

A Bamako, le président Hollande affirme s'être entretenu avec des dirigeants du Sahel à propos des otages, en vue de rechercher «les meilleurs contacts» pour «les retrouver».

24 octobre 2013

Des sources sécuritaires régionales à Gao (nord du Mali) font état de la présence d'émissaires dans le Sahel pour «accélérer les négociations en vue de la libération des otages français». La France dément formellement.

29 octobre 2013

François Hollande annonce la libération des quatre otages français. Les ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense) sont à Niamey.