Virée pour avoir joué la cougar dans un clip, la surveillante d’un collège catho gagne aux prud’hommes

Vincent Vantighem

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Véronique, à gauche, dans le clip du rappeur Novia, à droite
Véronique, à gauche, dans le clip du rappeur Novia, à droite — Capture YouTube

Cette décision, c’est un peu sa «fontaine de jouvence». Licenciée pour avoir interprété le rôle d’une cougar dans un clip de rap, la surveillante d’un collège catholique de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes) a obtenu gain de cause devant les prud’hommes. «La décision est tombée il y a un mois, a confirmé à 20 Minutes Pierre Chami, son avocat. Nous n’en avons pas parlé avant car l’établissement scolaire pouvait toujours faire appel. Mais il ne l’a pas fait. La décision est donc définitive…»

En bikini dans la jacuzzi

Agée de 52 ans, Véronique Bonnazola avait animé la récréation de ce collège catho quand les élèves avaient découvert sur Internet qu’elle interprétait le rôle d’une cougar dans le clip du rappeur niçois Novia. Intitulée «Fontaine de jouvence», la chanson raconte, en fait, le quotidien d’un jeune barman attiré par les femmes d’âge mûr. «Avant j’kiffais sur les femmes matures / J’les aimais clean, épilées, riches et ridées, privilégiées par la nature / Je suis leur fontaine de jouvence...», chante l’auteur du texte.

Entre poses lascives sur un canapé et câlins autour d’un feu de cheminée, le clip trouve son apogée lors d’une scène dans un jacuzzi. Vêtue d’un maillot de bain, Véronique qui incarne l’une des trois «femmes matures» de la chanson, s’asperge alors la poitrine de champagne.

Sollicitée par La Fouine et des producteurs de films X

Cela faisait des années que Véronique était comédienne amatrice. Et c’est d’ailleurs ce qui a convaincu le conseil des prud’hommes du bien-fondé de sa démarche. «Cela ne posait pas de problème au collège quand je me déguisais et que je jouais le rôle de Mado la Niçoise. Mais là, quand c’est une cougar, c’est autre chose…» confie-t-elle à 20 Minutes. Or, selon Pierre Chami, «le conseil des prud’hommes a estimé que ce n’était pas au collège de définir l’orientation artistique de sa salariée en dehors des heures de cours».

Aujourd’hui au chômage, Véronique n’a pas souhaité indiqué le montant des indemnités qu’elle avait obtenues lors de cette procédure aux prud’hommes. Quoi qu’il en soit, elle compte bien rebondir. «J’ai des idées plein la tête. Je n’ai que 52 ans et de toutes façons, je ne les fais pas», lâche-t-elle encore. Après l’épisode du clip, Véronique assure avoir reçu de nombreuses sollicitations. «Le rappeur La Fouine m’avait écrit et même des producteurs de films X, liste-t-elle. Je ne pouvais rien faire car la procédure était en cours. Aujourd’hui, je suis libre comme l’air…»