Une femme voilée qui avait mordu une policière condamnée à deux mois de prison ferme en appel

JUSTICE La cour d'appel d'Aix a confirmé vendredi la peine de six mois de prison dont deux ferme pour cette femme...

avec AFP

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Les femmes portant le voile intégral (ici, un niqab) seraient environ deux mille en France.
Les femmes portant le voile intégral (ici, un niqab) seraient environ deux mille en France. — I. SIMON / SIPA

La cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a confirmé vendredi la condamnation à six mois de prison, dont quatre avec sursis, d'une jeune femme intégralement voilée, qui avait mordu une policière lors d'un contrôle d'identité à Marseille fin juillet 2012. Louise-Marie Suisse, 19 ans, s'est présentée à l'audience vêtue d'un niqab noir et gantée, mais le visage découvert, a constaté un journaliste de l'AFP.

«C'est de l'injustice, les musulmans sont opprimés en France, la loi sur le niqab est liberticide», a réagi la prévenue, accompagnée de deux amies pareillement vêtues. La jeune femme avait été reconnue coupable, le 20 septembre 2012 par le tribunal correctionnel de Marseille, de «violence en réunion sur personne dépositaire de l'autorité publique».

Contrôlée par deux policiers

Dans la nuit du 25 au 26 juillet 2012, alors qu'elle se trouvait à proximité d'une mosquée dans le centre de Marseille, Louise-Marie Suisse, entièrement voilée sur la voie publique, avait été contrôlée par deux gardiens de la paix dans le cadre de la législation interdisant le port du voile intégral. Elle avait refusé d'obtempérer en affirmant aux policiers qu'elle ne respectait pas les lois de la République, ni leur autorité. L'intervention d'un premier homme, puis un attroupement sur les lieux, avaient provoqué une émeute au cours de laquelle une fonctionnaire de la BAC, arrivée en renfort, avait été mordue par la prévenue.

La prévenue affirme avoir été agressée

Deux autres prévenus avaient été condamnés, l'un à six mois avec sursis et l'autre, pour qui les faits de violences volontaires avaient été requalifiés en complicité, à deux mois de prison ferme. Ce dernier a été relaxé vendredi par la cour d'appel. En première instance, la jeune femme avait affirmé que les policiers l'avaient «agressée». «Ils m'ont dit: Enlève ta merde, on va t'amener au poste », avait-elle raconté. A la présidente du tribunal qui lui demandait pourquoi elle n'avait pas obtempéré au contrôle, elle avait répondu qu'elle «avait laissé son sac avec ses papiers dans la voiture» de l'un des autres prévenus.

Interrogée sur la morsure infligée à la policière, elle avait dit avoir été «en panique»: «Ils m'ont mise par terre, m'ont violentée, ils m'ont mis la main sur la bouche. (...) Je ne pouvais plus respirer, alors oui, je l'ai mordue», avait expliqué Louise-Marie Suisse, mère d'un garçonnet. Vendredi, elle a assuré que son fils avait été «gazé» lors de l'intervention des policiers. «Il est parti à l'hopital, j'ai tous les certificats mais les preuves ont été étouffées et ça n'a pas été pris en compte dans le jugement», a-t-elle dit.