Bertrand Cantat: Une interview «abjecte», pour l'avocate de l'ex-compagnon de Kriztina Rady

Vincent Vantighem

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Bertrand Cantat dans la vidéo illustrant la sortie du single de Détroit «Droit dans le soleil».
Bertrand Cantat dans la vidéo illustrant la sortie du single de Détroit «Droit dans le soleil». — 20 MINUTES

Trois ans après les faits, Yaël Mellul s’est lancée dans une croisade pour tenter de comprendre pourquoi Kriztina Rady s’est suicidée. L’ex-femme de Bertrand Cantat et la mère de ses deux enfants s’est donné la mort en 2010. Une mort suspecte puisque le parquet de Bordeaux a ouvert, la semaine dernière, une enquête préliminaire sur cette affaire.

A l’origine de l’enquête, l’ex-compagnon de Kriztina Rady affirme que cette femme a été la cible de violences physiques et psychologiques de la part de Bertrand Cantat. En donnant une interview fleuve aux Inrockuptibles, Bertrand Cantat ne pouvait pas éluder ce sujet. «Les raccourcis et les accusations délirantes me concernant [dans cette affaire] sont inacceptables!», estime-t-il. Par pour Yaël Mellul. L’avocate qui défend l’ex-compagnon de Kriztina Rady s’en explique pour 20 Minutes… 

Comment avez-vous réagi à l’interview de Bertrand Cantat?

D’abord, j’ai été choquée. Puis scandalisée. Et enfin révoltée. Dix ans après la mort de Marie Trintignant, Bertrand Cantat souhaite encore apparaître comme une victime. Il parle encore d’amour concernant Marie Trintignant alors qu’on sait qu’elle a reçu dix-neuf coups dont quatre ont été mortels.

Concernant la mort de Kriztina Rady, il estime que les accusations à son encontre sont «délirantes»…

Là encore, c’est abject de pouvoir prétendre cela. Il parle également d’amour concernant Kriztina. Mais il faut savoir qu’elle a laissé un message à ses parents plusieurs mois avant de se suicider. Ce message dure sept minutes. Quand on écoute, on entend une femme qui parle de violences physiques et psychologiques, qui explique que Bertrand Cantat a pété un plomb et surtout qu’elle lâche tout ça en guise de preuve au cas où il lui arriverait quelque chose.

Mais l’enquête a conclu à un suicide…

Oui, mais elle a été bâclée en vingt-quatre heures à peine pour conclure au suicide. La semaine dernière, le parquet de Bordeaux a rouvert l’enquête préliminaire concernant ces faits. La brigade criminelle est saisie. Et mon client, l’ancien compagnon de Kriztina, va être entendu prochainement.

Comment vit-il la situation?

Il est animé par un souci de manifestation de la vérité. Il veut savoir pour quelles raisons exactement Kriztina s’est donné la mort. Il y a encore beaucoup d’amour dans sa façon d’agir. Bertrand Cantat parle d’amour mais il n’est que l’illustration de la violence conjugale.