Musiciens du métro: «C’est Popstars ici»

Mathieu Gruel

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La RATP organise la session d'automne des auditions pour séléctionner  les prochains musiciens du métro. ici le groupe de musique slave LVIV, le 15 octobre 2013.
La RATP organise la session d'automne des auditions pour séléctionner les prochains musiciens du métro. ici le groupe de musique slave LVIV, le 15 octobre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«La musique, c’est du bruit qui pense.» Sur l’un des murs de l’Espace Métro Accord (EMA) à Paris (11e), les mots de Victor Hugo accueillent les candidats. Ils seront douze, artistes ou groupes, à se présenter ce mercredi au «casting» organisé par la RATP. Et eux ne pensent qu’à une chose: décrocher une accréditation pour pouvoir jouer dans le métro.

Chaque semestre, 300 sésames sont ainsi distribués lors de ces sélections, mises en place en 1997. «Cela permet de mieux réguler leur nombre dans le métro, sinon, ils se marcheraient dessus», explique Antoine Naso, directeur artistique de la RATP. Devant sa caméra, qui filmera la totalité des prestations du jour, la première formation branche ses guitares.

Ils ont deux morceaux pour faire la différence. A peine le temps de se mettre dans le tempo, que déjà il faut laisser la place. Une deuxième formation descend l’escalier en colimaçon qui mène au lieu du casting. «Ah ouais, c’est Popstars ici», lâche l’un des musiciens en découvrant les lieux.

Le truc en plus

Pourtant dans le jury, pas de Philippe Manœuvre ou de La Fouine, mais des salariés de la RATP et une usagère, venue «pour voir comment ça se passait de l’autre côté». Avec ses collègues d’un jour, elle scrute les prestations et distille ses notes et appréciations. Qualité musicale, innovation  et motivation figurent parmi les critères observés.

Face à eux, des artistes aguerris succèdent à d’autres plus timides. Certains ont déjà de nombreux castings à leur actif. «Tous les six mois, ils doivent passer ici pour faire renouveler leur accréditation», détaille Antoine Naso.

Pour d’autres, c’est la grande première. Mais très vite chez certains, on décèle le truc en plus. Comme pour Sian Pottok, qui passe le casting pour la première fois, mais dont la voix et la présence en disent long. Un tour sur Internet nous confirmera que la jeune femme a participé à la saison 6 de la «Nouvelle Star».

Et cela n’étonne pas le directeur artistique. «Régulièrement, des artistes passés chez nous  participent ensuite à des émissions de téléréalité ou inversement. Comme Sian, qui a fait la «Nouvelle Star» et est venu se faire accréditer par la suite... Ou Yoann Freget, qui  a été accrédité et que nous avons ensuite dirigé vers The Voice».

Réponse dans la semaine

Parmi ces musiciens, plus ou moins éclairés, figurent beaucoup de pros, «qui se servent du métro pour les aider à remplir les salles de concerts où ils jouent», explique le directeur artistique. A la fin de cette journée de sélection, un débriefing entre les juges permettra de trancher. La réponse sera ensuite communiquée aux groupes dans la semaine.

Ce jour-là, sur les douze candidats, six repartiront avec une accréditation et la promesse d’un possible voyage vers une carrière à succès, comme pour Keziah Jones, Ben Harper ou Zaz… Qui, eux aussi, avaient fait leurs armes dans le métro.