Tuerie de Chevaline: L'auteur avait un complice, selon une enquête de la BBC

Vincent Vantighem

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Des gendarmes à Chevaline (Haute-Savoie), à proximité du parking où ont quatre personnes ont été tuées le 5 septembre 2012.
Des gendarmes à Chevaline (Haute-Savoie), à proximité du parking où ont quatre personnes ont été tuées le 5 septembre 2012. — J.-P. CLATOT/AFP PHOTO

Quatre morts et toujours autant de questions. Plus d’un an après la tuerie de Chevaline, dans les Alpes françaises, la BBC a évoqué, lundi soir, la possibilité que le meurtrier ait agi avec l’aide d’un complice. Diffusée dans son magazine d’actualité «Panorama», l’enquête de la télévision publique britannique s’appuie sur deux témoins clés pour en arriver à cette conclusion.

Un motard et un 4X4 conduit par un homme «à la peau sombre»

Le premier n’est autre que Brett Martin, le cycliste britannique qui a découvert les corps sans vie de Saad al-Hilli, de sa femme, de sa belle-mère ainsi que celui d’un autre cycliste, probable victime collatérale de la fusillade. Déjà interrogé, Brett Martin a toujours assuré avoir croisé un motard lorsqu’il est arrivé sur les lieux du crime, au bout d’une petite route forestière. Au terme de son enquête, la BBC désigne donc ce motard –tout de noir vêtu- comme étant l’auteur présumé de la tuerie.

Mais la BBC va plus loin. S’appuyant toujours sur le témoignage de Brett Martin mais aussi sur celui du garde-forestier, la chaîne assure qu’une BMW X5 de couleur grise, un 4X4, a également été aperçu sur place. Selon l’enquête diffusée dans «Panorama», le volant de cette voiture serait situé à droite, ce qui implique qu’elle a été commercialisée en Angleterre et un «homme légèrement chauve et à la peau sombre» aurait été aperçu à son bord. Pour la BBC, il s’agirait d’un complice qui aurait fui vers l’Italie immédiatement après la tuerie.

Le cycliste était au mauvais endroit, au mauvais moment

Lors de cette émission emblématique en Angleterre, la BBC a également diffusé, pour la première fois, une interview de Zaïd al-Hilli, proche parent des personnes tuées mis en cause un temps par les enquêteurs.

Celui-ci a accusé la police française de ne pas avoir correctement enquêté sur l’hypothèse selon laquelle la véritable cible des tueurs était Sylvain Mollier, le cycliste mort retrouvé à proximité des corps, et non pas sa famille. «Ils couvrent quelqu’un en France dans cette région et ils le savent», a ainsi affirmé Zaïd al-Hilli, qui doit d’ailleurs de nouveau être entendu par la police mercredi. «Sylvain Mollier était impliqué dans des disputes familiales et était un étranger pour sa riche famille», explique Zaïd al-Hilli, pour qui la piste locale doit être suivie.

La piste des satellites civils

Interrogé par la BBC, le procureur d'Annecy, Eric Maillaud, a pour sa part, que Mollier, qui travaillait pour une filiale du groupe nucléaire français Areva, était simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Regrettant le manque de collaboration de Zaïd al-Hilli, le magistrat avait évoqué, début septembre, une nouvelle piste, celle de l’espionnage industriel, car Saad al-Hilli était un ingénieur travaillant pour une société de satellites civils.

De son côté, Zaïd al-Hilli a reconnu qu’il était «en conflit» avec son frère au sujet de l’héritage de son père mais il a nié être à l’origine de la tuerie. Pour autant, il refuse désormais de se rendre en France pour de nouveaux interrogatoires. «Les Français, je ne leur fais pas du tout confiance…»