Affaire Karachi: Léotard visé par une enquête préliminaire pour faux témoignage

JUSTICE Selon les familles de victimes, l'ancien ministre «commet des omissions et des réticences volontaires»...

avec AFP

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L'ancien ministre centriste François Léotard participe à l'émission de  télévision «Le Grand Journal», le 13 mars 2008 à Paris, où il est venu  présenter son livre «Ca va mal finir», un réquisitoire contre le  président de la République Nicolas Sarkozy.
L'ancien ministre centriste François Léotard participe à l'émission de télévision «Le Grand Journal», le 13 mars 2008 à Paris, où il est venu présenter son livre «Ca va mal finir», un réquisitoire contre le président de la République Nicolas Sarkozy. — MIGUEL MEDINA / AFP

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faux témoignage dans l'enquête sur l'attentat de Karachi, visant l'ancien ministre de la Défense François Léotard, a appris lundi l'AFP de sources concordantes.

Ouverte début août, cette enquête est consécutive à une plainte déposée fin juin par des proches de victimes françaises de l'attentat de Karachi, qui avait tué quinze personnes le 8 mai 2002, dont onze ouvriers de la Direction des constructions navales (DCN), ont indiqué des sources judiciaire et proche du dossier.

«François Léotard a effectué un faux témoignage lors de son audition» par le juge antiterroriste Marc Trévidic «le 31 janvier 2011 alors même qu'il était entendu en qualité de témoin ayant prêté serment», selon la plainte déposée au nom de proches de familles par Me Olivier Morice.

«Réticences volontaires»

L'ancien ministre de la Défense «nie l'existence de faits avérés dont il a connaissance et commet des omissions et des réticences volontaires», poursuit l'avocat.

L'attentat de Karachi est l'objet de deux enquêtes en France. Dans le volet terroriste instruit par Marc Trévidic, aucune mise en examen n'a été prononcée. Dans le volet financier, qui concerne le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, plusieurs proches de l'ex-Premier ministre ont été mis en examen, ainsi que l'ancien conseiller spécial de François Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres.

Ministre à l'époque des faits, François Léotard ne peut être mis en examen par les juges financiers. Tout comme Edouard Balladur, il pourrait faire l'objet d'une saisine de la Cour de justice de la République.