Ouverture du troisième procès du Docteur Muller pour le meurtre de sa femme

Vincent Vantighem

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Me Dupond-Moretti, le 9 septembre 2012, au Palais de justice de Paris.
Me Dupond-Moretti, le 9 septembre 2012, au Palais de justice de Paris. — J. SAGET /AFP

Près de quinze ans après les faits, le brouillard est toujours aussi épais sur l’histoire de Brigitte Muller. Le 8 novembre 1999, c’est un coup de fil qui prévient les policiers du décès de cette documentaliste de 42 ans. «Ma femme s’est suicidée». A l’autre bout du fil, le médecin légiste Jean-Louis Muller annonce que son épouse vient de se tirer une balle dans la tête. A ses pieds, les enquêteurs retrouvent un 357 Magnum. L’enquête est vite bouclée.

Jusqu’à ce qu’un juge d’instruction remette son nez dedans, évoquant la thèse du crime passionnel. Le docteur Muller qui a toujours clamé son innocence écope de vingt ans de prison en première instance. Même peine en appel. Mais coup de théâtre en 2011: la Cour de cassation annule la condamnation et convoque un nouveau procès.

Deux semaines de débats

Le médecin légiste est donc de retour aux assises de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour y être jugé une troisième fois. Il clame toujours son innocence et sera cette fois défendu par le ténor du barreau Eric Dupont-Moretti.

«C'est une affaire extrêmement difficile. Nous avons deux semaines pour en débattre complètement. Je réserverai mes commentaires à la Cour et aux jurés», a-t-il déclaré avant l'ouverture du procès ajoutant avoir l'intention de se «faire entendre».