Affaire Leonarda: François Hollande critiqué de toutes parts

Vincent Vantighem

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Leonarda Dibrani et sa famille, à Mitrovica (Kosovo), le 16 octobre 2013.
Leonarda Dibrani et sa famille, à Mitrovica (Kosovo), le 16 octobre 2013. — VISAR KRYEZIU/AP/SIPA

Contraint à sortir du silence qu’il s’était imposé depuis le début de l’affaire Leonarda, François Hollande n’est pas parvenu, samedi, à éteindre l’incendie qui lèche le gouvernement depuis cinq jours. En proposant à Leonarda «et à elle seule» de revenir en France –ce que la jeune fille a tout de suite refusé- le chef de l’Etat s’est attiré les foudres de tous les ténors politiques, y compris ceux de son propre camp.

Alors que jusqu’ici Harlem Désir s’inscrivait dans la droite ligne de la politique gouvernementale, le premier secrétaire du PS a été le premier à prendre ses distances avec les propos de François Hollande. «Tous les enfants de la famille de Leonarda [doivent pouvoir] finir leurs études en France accompagnés de leur mère», a-t-il ainsi déclaré à l’Agence France-Presse.

«Inhumain, indécent et illégal»

L’extrême gauche qui a participé aux défilés des lycéens, vendredi, a logiquement tiré à boulets rouges sur le président de la République. Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui avait «exigé» la démission de Manuel Valls, a jugé d'une «cruauté abjecte» le fait de sommer une jeune collégienne de «choisir entre vivre en famille ou revenir seule en France poursuivre ses études».

Le chef de l'Etat a commis une «grave faute politique et morale», a renchéri le Parti communiste. «C'est inhumain, indécent et illégal», a ajouté l'association la Voix des Roms.

La droite sort de sa réserve

Discrète depuis de le début de l’affaire, la droite est également sortie de sa réserve pour critiquer vertement François Hollande. François Hollande «a porté un coup terrible à l'autorité de l'Etat», a affirmé le président de l'UMP Jean-François Copé.

 

 

François Fillon (UMP) a «regretté l'indécision caricaturale» de M. Hollande qui, «à force de chercher des synthèses, apparaît ambigu face à l'immigration irrégulière et lâche par rapport à une adolescente condamnée à choisir entre la France et sa famille».

Interrogé par le Journal du Dimanche, Bruno Le Maire a de son côté demandé la démission de Manuel Valls qui, «au passage», rappelle-t-il, «a été désavoué» par François Hollande.