Manuel Valls: «La famille de Leonarda ne reviendra pas»

Vincent Vantighem

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Manuel Valls à Fort-de-France (Martinique) le 17 octobre 2013.
Manuel Valls à Fort-de-France (Martinique) le 17 octobre 2013. — MIGUEL MEDINA / AFP

Droit dans ses bottes. «Rien ne me détournera de mon cap», assure Manuel Valls, dans un entretien au Journal du Dimanche. Prenant la parole pour la première fois depuis le début de la polémique sur l’expulsion de la jeune collégienne de 15 ans, le ministre de l’Intérieur assure que «la famille de Leonarda ne reviendra pas» tout en saluant «un geste de générosité» de la part de François Hollande qui a proposé, samedi, à la jeune fille «et à elle seule» de revenir en France.

«L’émotion n’est pas une boussole»

«Je suis sensible à la situation de cette jeune fille. J’entends l’émotion, notamment celle de la jeunesse (…) Mais l’émotion ne peut pas être la seule boussole politique…» En des mots choisis, Manuel Valls indique ainsi qu’il a bien compris la portée de la polémique mais qu’il n’entend pas changer sa ligne de conduite en matière d’immigration.

Pour appuyer son propos, le ministre rappelle que «l’enquête [a révélé] que les forces de l’ordre n’étaient pas montées dans le bus et qu'elles n’ont pas utilisé la coercition». A peine reconnaît-il qu’il y a eu «c’est vrai, un manque de discernement». Sur le fond, il n’y a donc rien à reprocher à l’expulsion qui enflamme la gauche depuis cinq jours maintenant.

Il tire sur les medias à boulets rouges

Saluant «un geste de générosité» de la part de François Hollande qui a proposé à la jeune fille, et «à elle seule» de rentrer en France, Manuel Valls profite de cette interview pour tirer à boulets rouges sur les medias qui squattent l’appartement de la famille Dibrani à Mitrovica (Kosovo) depuis le début de l’affaire. «Quand je vois cette enfant interrogée par les médias, je dis: «ca suffit !» Laissons là tranquille. Cessons de l’utiliser!»