La famille de Leonarda veut rentrer en France «par tous les moyens»

SOCIÉTÉ sat Dibrani, le père de la collégienne, est prêt à «passer par les forêts» si les autorités ne lui permettent pas de revenir...

avec AFP

— 

Leonarda Dibrani et sa famille, à Mitrovica (Kosovo), le 16 octobre 2013.
Leonarda Dibrani et sa famille, à Mitrovica (Kosovo), le 16 octobre 2013. — VISAR KRYEZIU/AP/SIPA

Resat Dibrani, le père de Leonarda, a déclaré ce vendredi qu'il entendait regagner la France avec sa famille «par tous les moyens». «Si les autorités (françaises) ne me permettent pas de revenir en France légalement, je passerai par les forêts» avec la famille, a déclaré Resat Dibrani à l'AFP.

>> Les zones d'ombre de l'affaire

Lui-même Rom né au Kosovo, Resat Dibrani, 47 ans, a expliqué qu'il était en fait le seul de sa famille à être né dans cette ancienne province serbe, qui a proclamé son indépendance de la Serbie en février 2008. Selon son récit, Resat Dibrani et sa famille se sont rendus en France depuis l'Italie en 2008 «sans papiers».

5 des 6 enfants nés en Italie

«J'ai brûlé mon permis de séjour en Italie et celui de ma femme. Aux autorités françaises, j'ai dit que nous étions tous du Kosovo lorsque nous avons demandé l'asile», a-t-il dit, en expliquant qu'il avait espéré ainsi avoir plus de chances d'obtenir l'asile en France.

Il avait pris cette décision puisque, a-t-il expliqué, «j'avais demandé la nationalité italienne pour mes enfants, mais on m'a répondu qu'il fallait attendre jusqu'à ce qu'ils aient 18 ans, pour faire une telle démarche».

Il a ajouté avoir décidé de se rendre en France avec sa famille après avoir appris qu'ils pourraient «obtenir des papiers d'identité français au bout de dix ans». Sur les six enfants des Dibrani, cinq sont nés en Italie, dont Leonarda, aujourd'hui âgée de 15 ans.

Faux certificats de mariage

Un journaliste de l'AFP a pu voir les extraits de naissance de tous les enfants, y compris de la petite dernière, Medina, 17 mois, qui est née en France. Selon Resat Dibrani, les extraits de naissance italiens lui ont été faxés ce vendredi par son frère qui vit en Italie.

Resat Dibrani a également raconté que pour donner plus de crédibilité à ses demandes d'asile il s'était procuré un faux certificat de mariage «pour 50 euros à Paris». «Ce genre de papier, vous en trouvez partout à Paris», a-t-il dit.

Il a aussi affirmé bénéficier de l'assistance d'un avocat qui lui a assuré que «les enfants devaient retourner en France car ils ne sont pas du Kosovo».