Expulsion d'une collégienne rom : Vincent Peillon demande qu'on «sanctuarise l'école», Valls vivement critiqué au PS

VIDÉO. POLITIQUE Inacceptable», «choquant», «scandaleux»: les critiques fusent au sein du Parti socialiste...

E.O. avec AFP

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Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, à Paris le 30 août 2013.
Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, à Paris le 30 août 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Vincent Peillon a demandé ce mercredi qu'on «sanctuarise l'école» après l'expulsion d'une collégienne kosovare remise à la police lors d'une sortie scolaire.

«Je demande que cette situation ne se renouvelle pas», a déclaré le ministre de l'Education nationale devant la presse, à l'issue du conseil des ministres à l'Elysée, alors que son collègue à l'Intérieur, Manuel Valls, a été la cible de vives critiques à gauche dans cette affaire.

«Cette famille semblait en voie d'intégration»

«Il ne faut pas aller chercher les enfants à l’école.» Le patron des députés socialistes Bruno Le Roux a critiqué en ces mots l’expulsion de Léonarda, arrêtée dans le Doubs alors qu’elle participait à une sortie scolaire pour être expulsée vers le Kosovo.

Pour retrouvez l'interview de Bruno Le Roux en intégralité, cliquez ici.

Comme iTélé lui demandait s'il aurait fallu procéder à cette expulsion, l'élu de Seine-Saint-Denis a répondu: «Je pense que non.» Bruno Le Roux attend «de savoir ce qui s'est réellement passé», mais «cette famille semblait en voie d'intégration, sédentarisée, scolarisée», «à quelques semaines d'un possible dépôt d'un dossier de régularisation».

«Une bavure»

«Il y a dans cette procédure une faculté de discernement offerte au préfet», a poursuivi le député, en se demandant s'il y avait vraiment «nécessité»: «C'était le temps scolaire. On peut attendre, on peut différer

«Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme», s'est ému de son côté le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, sur son compte Twitter:

Dès mardi soir, plusieurs membres du Parti socilaiste ont fait part de leur indignation. Au Bureau national du parti, «tout le monde était d’accord pour dire qu’il y a eu une bavure», a ainsi raconté à Libération la sénatrice Laurence Rossignol, une des porte-parole du parti.

David Assouline, également porte-parole, a lui jugé «choquantes» les conditions dans lesquelles l’élève de 3e a été remise à la police. «Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable», a estimé le sénateur auprès de l’AFP.

«Le préfet doit être sanctionné»

Le député socialiste Pouria Amirshahi a exprimé quant à lui son «effroi» et demandé «le retour immédiat de Leonarda ainsi que sa famille en France».  Cette interpellation «est scandaleuse et injustifiable», a lancé sur Twitter la députée PS Sandrine Mazetier, jugeant que «le préfet doit être convoqué et sanctionné».

Stéphane Delpeyrat, vice-président du conseil régional d'Aquitaine et secrétaire national à la Recherche, a quant à lui côté évoqué sa possible démission du Bureau national «si rien n'est fait pour Léonarda».

Manuel Valls fait l’objet de vives contestations depuis que l’expulsion de la collégienne, le 9 octobre, a été rendue publique. Dans un communiqué diffusé mardi soir, le ministre a affirmé appliquer «avec fermeté les décisions d'éloignement tout en veillant scrupuleusement au respect des droits des étrangers qui font l'objet d'une mesure d'éloignement». Probablement pas de quoi éteindre le feu des critiques à gauche.