Explusion d'une collégienne rom: Le Parti de gauche fustige la «politique inhumaine» de Valls

ROMS Le Parti de gauche affirme que c'est «une honte pour la France»...

avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le 8 octobre 2013 lors d'un déplacement à Forbach, en Moselle.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le 8 octobre 2013 lors d'un déplacement à Forbach, en Moselle. — POL EMILE/SIPA

Le Parti de gauche a fustigé mardi la «politique inhumaine» du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, après l'expulsion controversée d'une collégienne rom kosovare, remise à la police dans le Doubs alors qu'elle participait à une sortie scolaire.

«Une honte»

«Manuel Valls a beau jeu de décréter que les Roms ne veulent pas s'intégrer, alors même qu'il les pourchasse jusque dans les écoles. La politique inhumaine conduite par Manuel Valls est une honte pour la France», s'est insurgé le PG dans un communiqué, estimant que «la lepénisation des esprits a décidément pris ses quartiers place Beauvau». Le parti de Jean-Luc Mélenchon faisait référence à l'expulsion vers le Kosovo, le 9 octobre, de Leonarda, une adolescente de 15 ans. Avec ses parents et ses cinq frères et soeurs, la colégienne faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français après avoir été déboutée de ses demandes d'asile, a précisé la préfecture du Doubs.

La collégienne était en excursion

Le secrétaire général de cette préfecture, Joël Mathurin, a affirmé à l'AFP qu'il ne s'agissait pas «de l'arrestation d'une jeune fille dans sa classe». La mère et cinq de ses enfants étaient dans leur logement à Levier (Doubs) le matin de l'expulsion, mais Leonarda, élève de 3e au collège André Malraux de Pontarlier, ne s'y trouvait pas car elle était partie en excursion avec sa classe. «La maman a joint sa fille sur son téléphone portable pour lui dire qu'elle devait les rejoindre et l'adolescente est descendue du car scolaire où elle se trouvait, en toute discrétion. Elle a été prise en charge par les policiers et ramenée à sa mère avant de partir pour Lyon et de décoller avec sa famille en direction du Kosovo», a indiqué Joël Mathurin.

Les professeurs demandent le retour des enfants

Selon le récit d'une enseignante présente dans le bus, rendu public par le Réseau éducation sans frontières (RESF), l'autocar s'est finalement arrêté sur le parking d'un autre établissement scolaire, le collège Lucie Aubrac de Doubs, où des policiers sont venus chercher la jeune fille, hors de vue de ses camarades. Via un article mis en ligne par RESF, les professeurs du collège et du lycée de Pontarlier où étaient scolarisées Leonarda et une des soeurs se sont déclarés «profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue», et ont demandé «le retour immédiat des enfants en France pour leur sécurité».