La Fédération d’hospitalisation privée réclame la suppression des quotas d’élèves infirmiers

SANTE La FHP demande en parallèle la possibilité d’ouvrir des écoles de formation privées…

Enora Ollivier

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Jean-Loup Durousset, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée.
Jean-Loup Durousset, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée. — FHP

«Pourquoi mettre un quota alors qu’il y a une pénurie d’infirmiers?» Voilà la question en forme de constat que pose Jean-Loup Durousset, le président de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP),  alors que s'ouvre ce mercredi le salon infirmier, qui se tient jusqu'à vendredi porte de Versailles. La FHP, qui regroupe 1.100 établissements et 54.000 infirmiers, milite pour la suppression du quota d’étudiants infirmiers en première année, fixé annuellement par arrêté ministériel.

Selon Jean-Loup Durousset, sur les 31.200 places ouvertes en 2012, seules 28.000 seront pourvues, ce à quoi s’ajoutent des départs à la retraite. «Dans le contexte économique actuel, il conviendrait de revoir» ce fonctionnement, estime-t-il donc, demandant en parallèle la possibilité d’ouvrir des écoles de formation privées. «Nous pourrions en créer entre cinq et dix» dans les régions demandeuses, annonce le président de la FHP, qui promet le même contenu de formation que les Instituts -celui-ci étant «fixé par décret ministériel»- et des frais de scolarité équivalents.

«Encourager la mobilité»

Contacté, le ministère de la Santé n'a pas encore réagi à cette proposion. La solution ne règlerait pas tout, tempère de son côté une infirmière forte de 35 ans d’expérience en hôpital public, qui pointe des pénuries localisées. «Le fait d'augmenter les quotas dans des régions en particulier n'augmente pas le nombre de professionnels à la sortie» car il y a «plus d’abandon en cours d’études», la formation demandant «de la rigueur, des connaissances et de l’engagement». Il faudrait donc plutôt, selon elle, «encourager la mobilité des diplômés» et «travailler sur l’attractivité du métier».

Un point sur lequel est d’accord Jean-Loup Durousset, qui réclame également une revalorisation de la profession. C’est «un beau métier valorisant, passionnant, qui mériterait d’être davantage mixte», et qui «crée des emplois, ouvre des perspectives», estime-t-il. Pour cela, il faut notamment «que les études médicales intègrent la validation des acquis», lance le président de la FHP, afin d’«offrir un ascenseur social» et «permettre aux infirmières de devenir médecins et aux aides-soignantes de devenir infirmières».