Tentative d'assassinat à Corbeil-Essonnes: Un homme se porte partie civile

JUSTICE Selon l'entourage de l'industriel et ancien maire UMP de Corbeil Serge Dassault, la requête de cet homme serait rejetée...

avec AFP

— 

 L'industriel et sénateur UMP Serge Dassault à Paris lors du défilé du 14 juillet 2013.
 L'industriel et sénateur UMP Serge Dassault à Paris lors du défilé du 14 juillet 2013. — MARTIN BUREAU / AFP

Un homme présent dans une voiture visée par un tireur en février à Corbeil-Essonnes s'est porté partie civile dans l'enquête pour tentative d'assassinat qui a valu à l'ex-maire de la ville Serge Dassault d'être entendu par les juges, a annoncé mardi son avocat. Selon l'entourage de l'industriel, cette demande aurait été rejetée.

Cet homme, René Andrieux, «attend d'être entendu par les magistrats instructeurs» d'Evry «pour donner son témoignage», a déclaré Me William Bourdon. «Il est confiant dans le fait que la justice va faire éclater la vérité dans cette incroyable machination qui se trouve en contrepoint des faits dont il a été victime», a-t-il ajouté. Âgé de 62 ans, René Andrieux est une ex-figure du quartier des Tarterêts, où il animait une association d'aide aux jeunes en difficulté, Tarterêts 2000.

Un boxeur blessé par balles

Un boxeur amateur, également présent dans le véhicule, avait été grièvement blessé par balles. René Andrieux a par ailleurs «donné pour instruction de poursuivre les auteurs d'articles diffamatoires à son encontre», a poursuivi l'avocat, annonçant qu'une procédure serait engagée contre Le Point. Actuellement en fuite, le suspect du tir, Younès Bounouara, a expliqué son acte, la semaine dernière dans une interview au Point, par le fait qu'il se serait senti menacé par un «gang qui pense que Dassault (lui) a donné beaucoup d'argent pour (qu'il) redistribue». Son implication dans un système d'achat de votes ? «Des fantasmes», répond Younès Bounouara dont le prénom est prononcé par l'industriel dans un enregistrement clandestin diffusé notamment par le site d'informations Mediapart.

«Moi, j'ai donné l'argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit», «moi, j'ai tout payé, donc je ne donne plus un sou à qui que ce soit. Si c'est Younès, démerdez-vous avec lui», entend-on dans cet enregistrement pirate. Un des interlocuteurs de Serge Dassault serait René Andrieux. «Le 19 février, rien n'était prémédité (...) et, évidemment Serge Dassault ne m'a jamais dit de tirer sur les maîtres chanteurs», a insisté Younès Bounouara dans Le Point.

Dans une information judiciaire menée à Paris, la justice enquête sur un système d'achats de vote qui aurait été mis en place à Corbeil-Essonnes. Pour l'heure, aucun lien n'a été établi entre les deux dossiers.