Réforme des retraites: Vote des députés et manifestation près de l'Assemblée ce mardi

SOCIAL Les élus UMP, UDI et Front de gauche devraient voter contre le texte et les écologistes s'abstenir...

avec AFP

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Les députés  français votent mardi en première lecture le projet de loi sur les retraites sous le regard de syndicats et de salariés opposés à la réforme, appelés à se rassembler devant l'Assemblée nationale pour dire qu'ils "n'abandonnent pas".
Les députés  français votent mardi en première lecture le projet de loi sur les retraites sous le regard de syndicats et de salariés opposés à la réforme, appelés à se rassembler devant l'Assemblée nationale pour dire qu'ils "n'abandonnent pas". — Jacques Demarthon AFP

Les députés votent ce mardi en première lecture le projet de loi sur les retraites sous le regard de syndicats et de salariés opposés à la réforme et appelés à se rassembler devant l'Assemblée nationale pour dire qu'ils «n'abandonnent pas».

>> Le gouvernement aurait-il pu faire autrement?

L'issue du vote solennel, prévu à 16h, ne fait pas de doute. La réforme, la première d'un gouvernement de gauche sur ce sujet, aura les faveurs des députés socialistes et radicaux de gauche. En revanche, les élus UMP, UDI et Front de gauche devraient voter contre le texte et les écologistes s'abstenir.

Au Sénat à partir du 28 octobre

Le projet de loi «garantissant l'avenir et la justice du système de retraites», dont les mesures phare sont l'allongement progressif de la durée de cotisation à 43 ans et l'instauration d'un compte pénibilité, sera ensuite discuté au Sénat à partir du 28 octobre.

Si l'âge légal de départ à la retraite est maintenu à 62 ans, comme l'a fixé la loi de 2010, les salariés verront la durée de cotisation nécessaire pour une retraite pleine augmenter d'un trimestre tous les trois ans à partir de 2020 pour atteindre 43 ans (172 trimestres) pour les personnes nées en 1973 et après.

Quant au compte pénibilité, les points obtenus permettront à un salarié de se former, de travailler à temps partiel ou de partir plus tôt à la retraite.

«Projet plombé par l'allongement de la durée de cotisation»

Le projet, examiné par les députés toute la semaine dernière, prévoit également le report de la revalorisation des pensions de retraite (sauf pour les bénéficiaires du minimum vieillesse) du 1er avril au 1er octobre, et la prise en compte des périodes d'apprentissage et partiellement des stages.

Pour moins pénaliser les salariés faiblement rémunérés ou travaillant à temps partiel, il sera désormais nécessaire pour valider un trimestre, d'avoir cotisé l'équivalent de 150 heures de smic, contre 200 actuellement. Faute d'avoir été entendus par le gouvernement, les quatre syndicats opposés à la réforme (CGT, FO, FSU et Solidaires) ont tenté de peser sur le débat parlementaire en mobilisant dans la rue et en alertant les députés.

Car pour ces organisations, même s'il comporte des «avancées», comme la meilleure prise en compte de la pénibilité, «le projet est plombé par l'allongement de la durée de cotisation», a résumé Jean-Claude Mailly lundi sur RFI. Elles accusent le gouvernement de conduire cette réforme pour «satisfaire» la commission de Bruxelles.

«Ce qui ne sort pas socialement sort politiquement»

Après une mobilisation en demi-teinte le 10 septembre, la CGT, la FSU, FO et Solidaires entendent faire comprendre qu'«ils n'abandonnent pas», selon la formule de Pascal Joly (CGT) et ont donné rendez-vous à nouveau aux salariés ce mardi, à proximité du Palais-Bourbon, juste avant le vote dans l'hémicycle.

Jean-Claude Mailly et son homologue de la CGT Thierry Lepaon prendront la parole à la mi-journée.

Quelle que soit la mobilisation de ce mardi, Jean-Claude Mailly en est convaincu, «ce qui ne sort pas socialement sort politiquement à un moment donné». Un argument martelé à quelques mois des élections municipales et européennes. A l'inverse, les syndicats réformistes, la CFDT en tête, se félicitent des résultats obtenus par la concertation. Jean-Louis Malys, le monsieur retraite de la CFDT, a ainsi souligné à l'issue de l'examen du projet, que «tous les sujets d'inégalités» mis en avant par sa centrale avaient été «entendus».