Il fait le tour du monde en 42 marathons

EXPLOIT Sidy Diallo, diplomate de 58 ans, a entrepris de courir 42 marathons au cours de l'année 2013...

Mathieu Gruel

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Sidy Diallo (ici à Ulm, en Allemagne) s'est fixé comme objectif de courir 42 marathons en 2013.
Sidy Diallo (ici à Ulm, en Allemagne) s'est fixé comme objectif de courir 42 marathons en 2013. — DR

Et un de plus. Ce dimanche, à Cologne, en Allemagne, Sidy Diallo, 58 ans, a bouclé son 37e marathon de l'année. Mais pas le temps de pavoiser pour autant. Dimanche prochain, direction Amsterdam, aux Pays-Bas, pour une nouvelle course de 42 km.

Car ce diplomate s'est fixé l'objectif un peu fou. Celui de courir 42 marathons en 2013. Soit un pour chaque kilomètre de la distance. Sauf que ce salarié à temps plein, qui réside actuellement à Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), mène ce rythme dantesque d’une course par semaine sur ses jours de congés.

A la difficulté de trouver les courses, s'ajoutent donc celles de préparer les trajets, de rechercher des logements... Depuis un an, sa vie est «rythmée par tout ça». Puisant dans ses économies pour financer son projet, il embarque tout de même sa femme et ses trois enfants avec lui, dès qu'il le peut. Mais «la plupart du temps, je pars le samedi et je reviens le dimanche», explique-t-il.

Echanger avec les spectateurs

En fonction de ses réservations de billet retour, il doit même parfois accélérer la foulée durant la course. Pas question de rater un train ou un avion, pour pouvoir «rentrer à temps et être au travail le lundi».Malgré cette course d'obstacles, entre les annulations de dernière minute, les petits bobos ou les péripéties de voyages, comme il les raconte sur son site Internet Sidy42k, l'homme se plaît à courir le monde.

Loin de chercher la performance du chrono, il veut surtout «échanger avec les spectateurs». Que ce soit en allemand, en anglais, en italien, en espagnol ou en portugais de Brésil, des langues qu’il maîtrise parfaitement. Et un peu en chinois aussi, qu’il a commencé à apprendre.

Un atout de plus pour réaliser son projet, alors que figurent déjà sur son tableau de chasse les marathons de la Grande muraille, en Chine, de Rio de Janeiro, au Brésil, ou d'Ayers Rock, en Australie...

Courir sur les sept continents

Quant aux raisons qui le poussent à courir le monde, Sidy Diallo a sa petite idée. Originaire d’une ethnie nomade en Guinée, les Peuls, il reconnaît avoir «le nomadisme dans mon ADN». Et le virus de la course? Il l’a contracté tout jeune. «Pendant cinq ans, j’ai couru 15 kilomètres par jour pour aller à l’école», raconte-il.

Mais ce n’est qu’en 2010 à Chicago, où il était alors en poste, qu’il a fait ses débuts sur marathon. «Catastrophiques», se souvient le diplomate. «Je ne m'étais pas préparé...» Une vilaine tendinite, dès le 10e kilomètre, et un parcours bouclé en 5h20 n'entameront pas sa détermination pour autant.

Suivront 56 autres. Dont celui de Boston, «le plus beau» à ses yeux, qui se brouillent quand il évoque l’attentat survenu pendant l’édition 2013, qu’il n’a pas courue. Mais «l’année prochaine, je veux y être, ce sera spécial».

Car pour 2014, Sidy Diallo a déjà son idée: «Courir sur les sept continents, avec un marathon en Antarctique.» En attendant, il lui reste cinq courses pour boucler son projet 2013. Et «sauf blessure», il a de bonnes chances d’y parvenir. Chaque fois qu’il a pris le départ d’une course, il l’a «toujours finie».