Salles de shoot: «On prend du retard en termes de santé publique», affirme Rémi Féraud

Propos recueillis par Jérôme Comin

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Installation d'une salle de shoot pour la consommation de stupéfiants (cocaine, crack, heroine, métadone) dans un ancien local SNCF boulevard de La Chapelle à Paris, le 30 mai 2013.
Installation d'une salle de shoot pour la consommation de stupéfiants (cocaine, crack, heroine, métadone) dans un ancien local SNCF boulevard de La Chapelle à Paris, le 30 mai 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Alors qu’il s’est investi depuis le début dans la mise en place, à titre expérimental, d’une salle de consommation de drogue dans son arrondissement, Rémi Féraud, maire du 10e et premier secrétaire de la fédération PS de Paris, a vu ce matin le Conseil d'Etat émettre un avis négatif sur les «salles de shoot», considérant qu’elles ne sont «pas conformes juridiquement à la loi de 1970» qui instaure le principe de prohibition totale de la consommation de drogue.

Comment réagissez-vous à la décision du Conseil d’Etat?

Je suis déçu car cela nous empêche de mettre en place à Paris une solution nouvelle dont nous avons besoin dans le 10e arrondissement pour faire face à une situation difficile tant d’un point de vue sanitaire qu’humain. Mais je garde espoir pour qu’une loi soit rapidement votée, ce qui nous permettra de mettre en place cette expérimentation.

Vous vous êtes particulièrement investi dans ce dossier (concertations, débats, critiques…), n’avez-vous pas l’impression d’avoir travaillé pour rien?

Non, car cela nous a au moins permis de faire avancer le débat sur la question des salles de consommation de drogue. C’est sûr que j’aurais préféré que le Conseil d’Etat soit saisi plus tôt car là, on prend du retard en terme de santé publique et au niveau de la tranquillité des habitants. En revanche, j’ai demandé au gouvernement de maintenir le dispositif policier au niveau de la gare du Nord, qui avait été mis en place dans le cadre de cette expérimentation, car il a depuis montré son efficacité.

Cette décision du Conseil d’Etat n’est-elle pas finalement une bonne chose pusiqu’elle vous permet d’évacuer un sujet polémique avant les municipales?

Non, car je n’ai jamais eu peur de traiter cette question, même dans le cadre d’une année électorale. D’ailleurs, je reste volontaire pour mener à bien cette expérimentation dès qu’une loi sera votée car je reste persuadé que les salles de consommation de drogue sont une solution efficace.