Tout ce que vous devez savoir sur la réforme des programmes scolaires

ÉDUCATION – Vincent Peillon a lancé ce jeudi le Conseil supérieur des programmes, chargé d'orchestrer la refonte des programmes scolaires…

Delphine Bancaud

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Des manuels scolaires.
Des manuels scolaires. — CHAMUSSY/SIPA

Toiletter les programmes pour améliorer la réussite des élèves. Le ministre de l’Education, Vincent Peillon a donné le coup d’envoi à la refonte des programmes en lançant ce jeudi le Conseil supérieur des programmes (CSP). 20 Minutes décrypte les tenants et aboutissants de cette réforme.

Pourquoi réformer les programmes du primaire?

Les programmes du primaire, mis en œuvre en 2008 par Xavier Darcos sont très critiqués. Les enseignants leur reprochent d’être «trop lourds et extrêmement chronophages, en particulier en français et en maths», explique Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU. Autre travers: «Ils sont injonctifs et ne laissent pas de liberté pédagogique aux enseignants, affirme Christian Chevalier, secrétaire général du Se-Unsa. Ils privilégient une vision mécanique des apprentissages en favorisant le par cœur, au lieu de faire la part belle à la compréhension.» Pour Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE, «ces programmes ne sont pas assez axés sur les fondamentaux et ne permettent pas aux enseignants de vérifier régulièrement que leurs élèves ont acquis les connaissances étudiées. Du coup, ceux qui sont en difficulté peuvent difficilement rattraper leur retard». Dans une interview au Parisien parue ce jeudi, Vincent Peillon souligne aussi la nécessité de «redonner de la cohérence entre le socle commun (NDRL : tout ce que l’élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire), les programmes, l’évaluation des élèves et la formation des professeurs ».

>> Notre article «Pourquoi réformer les programmes du primaire» est à lire ici

https://www.20minutes.fr/societe/1234323-20131009-pourquoi-reformer-programmes-primaire

Quelles sont les critiques adressés à ceux de la maternelle?

«La grande section de maternelle devenait ces dernières années un petit CP et, chez un certain nombre d'élèves, cela pouvait créer des blocages», affirme  Vincent Peillon dans Le Parisien. «La maternelle ne doit être ni un petit CP ni une garderie. Elle a des formes scolaires propres», renchérit Sébastien Sihr, qui réclame un «équilibre entre les nécessaires premiers apprentissages (maîtrise du langage, développement sensoriel et moteur) et l'épanouissement» de l'enfant. Le ministre veut donc revoir l’approche pédagogique dans les petites classes et remettre notamment au premier plan l’apprentissage des règles de socialisation et la bonne maîtrise de la langue à l'oral.

Et au collège et au lycée, y a t-il aussi des choses à changer?

Les programmes actuels sont entièrement tournés vers la préparation des examens (brevet et bac), au détriment de l’attention portée à l’assimilation des connaissances par les élèves. Et comme en primaire, ils sont jugés trop lourds. Ils seront donc allégés. Le CSP planchera aussi sur «l'introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs», ou encore sur «la nature et le contenu» des épreuves des examens, notamment le baccalauréat. Les nouveaux programmes devraient aussi mieux soigner la transition entre le primaire et le collège. Enfin,le CSP se prononcera sur la mise en place du «parcours d'information, d'orientation et de découverte du monde économique et professionnel» au collège et sur"la conception du programme d'enseignement moral et civique de l'école au lycée».

Quel est l’agenda de la réforme?

Ce jeudi, Vincent Peillon a installé le Conseil supérieur des programmes, une instance indépendante, chargée de faire des propositions sur le sujet. Il est présidé par Alain Boissinot, ancien directeur de Cabinet de Luc Ferry, au ministère de l'Education nationale. En septembre, le ministre avait lancé une consultation des professeurs des écoles sur le sujet, dont la synthèse sera remise au CSP. Ses 18  membres (trois députés, trois sénateurs, deux représentants du Conseil économique, social et environnemental, et dix personnalités qualifiées…) présenteront leurs projets de programmes au printemps 2014. Ils seront ensuite présentés pour avis au Conseil supérieur de l’éducation, un organe consultatif.  A l’été 2014, le ministre actera définitivement les programmes qui seront publiés au Journal officiel. Ils entreront en vigueur dès la rentrée 2014 en maternelle, à la rentrée 2015 pour les classes de CP, CM1 et 5e , à la rentrée 2016 en CE1, CM2 et 4e et à la rentrée 2017 pour les classes de CE2, 6e et 3e.

 

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