Champs-Elysées: Un parfum d'amertume pour la fermeture de Sephora

SOCIAL Le magasin des Champs-Elysées a fermé ses portes un peu avant 21h, contre minuit auparavant, conformément à une décision de justice…

Mathieu Gruel
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Le 9 octobre 2013. Fermeture du magasin Sephora des Champs-Elysées a 21H00 au lieu de minuit suite à une décision de justice.
Le 9 octobre 2013. Fermeture du magasin Sephora des Champs-Elysées a 21H00 au lieu de minuit suite à une décision de justice. — V. Wartner / 20 Minutes

«Heu... Il y a une star à l'intérieur?» Dans un anglais hésitant, deux touristes allemandes s'interrogent. L'attroupement devant le magasin Sephora des Champs-Elysées, ce mercredi soir, leur paraît suspect.

Il est 20h10 et le message diffusé dans les haut-parleurs ne laisse plus de place au doute: «Mesdames, messieurs, votre magasin ferme ses portes dans quelques minutes, merci de vous diriger vers les caisses.»

Après sa condamnation par la cour d'appel de Paris, le 23 septembre, le magasin a décidé d’appliquer la décision dès ce mercredi, en fermant ses portes à 21h au lieu de minuit. Et c'est donc avec «un gros pincement», que les salariés se sont résignés à quitter leur poste beaucoup plus tôt que d'habitude.

«Spectacle honteux»

Camille travaille ici depuis quelques mois. Et «ça lui fait bizarre. Même les clients ne comprennent pas». Face à la porte vitrée, derrière laquelle deux vigiles ont pris place, ils sont d’ailleurs nombreux à être déçus. «C’est incompréhensible», commente Marion*. Habituée des lieux, elle trouve le spectacle «honteux, sur une avenue comme celle-là».

Mais le magasin «peut très bien fermer un soir et avoir un sursis par la suite», a noté l’enseigne ce mercredi. Car une demande de surseoir à la décision de justice lui interdisant d'ouvrir jusqu'à minuit, émanant de salariés, doit être tranchée jeudi.

«Des rumeurs», estime une salariée. Elle en veut aux syndicats «que l’on n’a jamais vus ici». Ces derniers ont pourtant souligné, ce mercredi dans un communiqué, que les salariés cherchant à obtenir un sursis étaient «gagnants sur toute la ligne», n’étant plus, «suite à l'action du Clic-P, contraints de travailler de nuit, tout en gardant leur rémunération, assortie d'une «prime de 10.000 euros».

En attendant la suite du feuilleton judiciaire, et découvrant les portes closes de leur magasin favori, Yaara et Charlène, ont tranché. «On va aller au McDo.»

*Tous les prénoms ont été changés