Jérôme Kerviel va être entendu officiellement ce mardi devant une Commission du Sénat

Vincent Vantighem
— 
Jérôme Kerviel en interview dans le bureau de son avocat Me Koubbi, le 9 septembre 2013 à Paris.
Jérôme Kerviel en interview dans le bureau de son avocat Me Koubbi, le 9 septembre 2013 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Il n’a pas encore obtenu la création d'une Commission d’enquête sur l’affaire qui porte son nom. Mais Jérôme Kerviel avance dans son combat politique pour faire reconnaître son innocence. Après avoir écrit le 9 septembre à l’ensemble des membres du gouvernement et des parlementaires, l’ancien trader de la Société Générale a, selon nos informations, été invité à venir s’exprimer, ce mardi au Sénat, devant la «Commission d’enquête sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l’évasion des capitaux».

L’information a été donnée à 20 Minutes par Eric Bocquet, le sénateur PC du Nord, rapporteur de cette Commission. «Oui, nous avons décidé de l’auditionner, confie-t-il. Son affaire n’est pas directement le sujet de notre Commission mais il a sûrement des choses à nous dire sur le rôle et le fonctionnement des banques.»

>> A relire: L'interview de Jérôme Kerviel

Des remous dans la Commission

L’invitation de l’ancien trader, condamné en appel à trois ans de prison et à rembourser 4,9 milliards d’euros à la Société Générale, a tout de même causé quelques remous au sein de la Commission. «Il y avait certaines réticences de la part de plusieurs membres. Nous en avons discuté ensemble et finalement nous avons décidé de le convier tout de même», poursuit Eric Bocquet.

Pour éviter de faire plus de vagues, la Commission a toutefois décidé que Jérôme Kerviel serait entendu à huis-clos et uniquement par les membres du bureau de cette Commission. François Pillet, président (UMP) de la Commission, Jacques Chiron (PS), Nathalie Goulet (UDI), Yvon Collin (PRG) et Corinne Bouchoux (EELV) devraient donc assister à cette audition, en plus d’Eric Bocquet.

«Il y aura des suites…»

Début septembre, Jérôme Kerviel avait écrit à l’ensemble des parlementaires français afin de leur demander la création d’une commission parlementaire sur l’affaire qui porte son nom. Condamné pour «abus de confiance», il s’estime innocent et assure, dans une interview à 20 Minutes, qu’il est «enfermé dans le couloir de la mort sociale» depuis sa condamnation.

>> Vidéo: Jérôme Kerviel lisant sa lettre aux parlementaires


«Je suis condamné à mort socialement»: L’appel... par 20Minutes

Depuis cette lettre, l’ancien trader a été invité à échanger avec plusieurs parlementaires pour faire avancer sa cause. Notamment la sénatrice (PS) Marie-Noëlle Lienemann qui a écrit à Pierre Moscovici pour lui réclamer des informations sur l’affaire Kerviel. «Je ne lâcherai pas», nous a-t-elle encore confié, lundi, à ce propos.

Eric Bocquet semble sur la même ligne en vue de l’audition de ce mardi après-midi. «Il y aura forcément des suites à la venue devant nous de Jérôme Kerviel, conclut-il. Je ne sais pas encore lesquelles. Mais c’est sûr que cela ne se terminera pas comme ça…»