Tous les protagonistes de l'affaire Bettencourt mis en examen

Vincent Vantighem

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Liliane Bettencourt chez elle, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 15 octobre 2011.
Liliane Bettencourt chez elle, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 15 octobre 2011. — GRAF JACQUES/JDD/SIPA

Ministre, avocat, infirmier, majordome ou concierge. Depuis le début de l’enquête sur l’abus de faiblesse dont aurait été victime Liliane Bettencourt, de nombreuses personnalités ont été mises en examen. 20 Minutes dresse la galerie de portraits de celles et ceux qui auront à se justifier devant un tribunal correctionnel pour leur responsabilité dans toute cette affaire…

Eric Woerth, le trésorier de l’UMP. L’ancien ministre du Budget est la pierre angulaire du dossier Bettencourt. Mis en examen pour «trafic d’influence et financement politique illégal», Eric Woerth est soupçonné d’avoir perçu illégalement des sommes d’argent en liquide venant de l’héritière de L’Oréal afin de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le dossier d’instruction s’attarde notamment sur un dîner de mars 2007 au cours duquel Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, lui aurait remis une enveloppe contenant 150.000 euros en liquide.

François-Marie Banier, le confident de Liliane. C’est par lui que le scandale a éclaté. Visé par la première plainte de la fille de Liliane Bettencourt, le photographe François-Marie Banier a touché près d’un milliard d’euros en dons divers venant de l’héritière de L’Oréal.  Chèques, assurances-vie et tableaux de maître constituent l’essentiel de la dot que s’est constitué ce «dandy» en plusieurs années. Premier des protagonistes à être mis en examen pour «abus de faiblesse», «abus de confiance», «escroquerie» et «blanchiment», il a fini par trouver un accord financier avec Françoise Meyers, la fille de Liliane Bettencourt, mais sera tout de même jugé.

Martin d’Orgeval, l’ami du confident. Protégé de François-Marie Banier, Martin d’Orgeval est aussi son compagnon avec qui il vit dans un magnifique immeuble de la rue Servandoni. Lui-même photographe et éditeur, il aurait bénéficié via son compagnon des «dons» de Liliane Bettencourt alors que celle-ci était faible et malade.

Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune. Homme de confiance de Liliane Bettencourt, il est soupçonné par la justice d’avoir organisé l’évasion fiscale de l’héritière de L’Oréal. Accusé par la comptable Claire Thibout d’avoir remis de l’argent liquide à Eric Woerth, il a été mis en examen pour «abus de faiblesse», «complicité d'abus de confiance et d'escroquerie aggravés» et pour «blanchiment» en décembre 2011.Quelques mois plus tard, il a également été mis en examen pour «trafic d’influence actif» dans l’affaire de la Légion d’honneur qu’Eric Woerth lui a remise en janvier 2008. La justice soupçonne que cette Légion d’honneur constitue un remerciement pour les services rendus à l’UMP.

Stéphane Courbit, le patron de LOV Group. L’homme d’affaires a été mis en examen pour «escroquerie» et «recel d’abus de faiblesse». Il est soupçonné d’avoir abusé de la faiblesse de Liliane Bettencourt pour la convaincre d’investir 143 millions d’euros dans son groupe alors qu’elle était «en faiblesse psychologique».

Pascal Wilhelm, l’avocat de Courbit. Si Stéphane Courbit est mis en examen, il le doit surtout à Pascal Wilhelm. Avocat d’affaire, cet homme est lui aussi visé par l’enquête car il aurait organisé l’investissement de Liliane Bettencourt dans LOV Group. Outre sa fonction d’avocat de Stéphane Courbit, Pascal Wilhelm est également le mandataire judiciaire qui a succédé à Patrice de Maistre pour gérer les actifs de Liliane Bettencourt. Il est mis en examen pour «complicité d’abus de confiance aggravé».

Pascal Bonnefoy, le majordome. Sans lui, il n’y aurait pas d’affaire Bettencourt. Majordome de Liliane Bettencourt, Pascal Bonnefoy a passé de longs mois à enregistrer clandestinement les conversations de l’héritière de L’Oréal. Fraudes fiscales, comptes à l’étranger et remises en liquide d’argent, les bandes ont révélé toute l’affaire. Mis en examen pour «atteinte à l’intimité de la vie privée», il a fait savoir par la voix de son avocat qu’il espérait que «la justice se souviendra» du fait qu’il a fait exploser l’affaire.

Alain Thurin, l’infirmier. Il a expliqué aux juges qu’il avait toujours refusé les «cadeaux» de Liliane Bettencourt. Très apprécié de l’héritière de L’Oréal, cet infirmier a été mis en examen quand la justice s’est aperçue qu’il figurait sur le testament de cette dernière. Liliane Bettencourt avait prévu de lui attribuer 10 millions d’euros à sa mort. Alain Thurin s’est défendu en expliquant qu’il avait découvert ça lorsque les journaux l’ont révélé.

Carlos Cassina Vejarano, le concierge de l’île d’Arros. Il gérait l’île d’Arros, propriété de Liliane Bettencourt au milieu des Seychelles. Et comme beaucoup d’autres, il a été mis en examen pour «abus de faiblesse». Il est soupçonné d’avoir bénéficié d’un don de Liliane Bettencourt de deux millions d’euros afin de s’acheter un bien immobilier.