Francis Heaulme: De nouvelles investigations lancées dans l’affaire de Montigny-les-Metz

Vincent Vantighem
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Francis Heaulme lors d'une opération de transport de justice le 3 octobre 2006 à Montigny-les-Metz (Moselle).
Francis Heaulme lors d'une opération de transport de justice le 3 octobre 2006 à Montigny-les-Metz (Moselle). — HARTMANN CHRISTIAN/SIPA

L’affaire date d’il y a plus de vingt-sept ans. Et pourtant, la justice a l’impression que tout n’a pas encore été fait pour l’élucider. Gabriel Steffanus, le président de la cour d’assises de Metz (Moselle), a demandé le lancement de nouvelles investigations alors que Francis Heaulme doit être jugé pour ce double meurtre en mars 2014, a-t-on appris ce lundi.

En 1986, deux enfants de huit ans avaient été retrouvés morts, le crâne fracassé à coups de pierre, le long d’une voie ferrée de Montigny-les-Metz. Alors que Patrick Dils avait été condamné à la perpétuité et qu’il purgeait déjà sa peine, les enquêteurs s’étaient aperçus que la scène de crime portait la «quasi-signature criminelle de Francis Heaulme».

Un bocal de matières fécales recherché

De rebondissements en rebondissements, le «routard du crime» déjà condamné pour neuf meurtres a donc été renvoyé devant la cour d’assises pour y être jugé en mars 2014. Mais Gabriel Steffanus, le magistrat chargé de présider cette cour a décidé de lancer de nouvelles investigations avant le procès.

Premier point de son «supplément d’information judiciaire», le magistrat veut s’assurer qu’un bocal contenant des matières fécales a bien été détruit. Dans le cas contraire, il envisage des analyses ADN pour tenter d’isoler l’empreinte génétique de Francis Heaulme. Lors du double meurtre, les policiers avaient en effet découvert des excréments humains à côté des cadavres. Saisis, ces excréments n’avaient pu être analysés à l’époque faute de moyens techniques. Encore faudrait-il les retrouver. Avec la condamnation de Patrick Dils en 1989, de nombreux scellés ont été détruits. «Ce bocal a disparu depuis longtemps», pense ainsi Pierre Gonzalez de Gaspard, l’avocat de Francis Heaulme.

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Expertise psychologique

Plus classique, le magistrat compte également demander une nouvelle série d’auditions avant le procès. Le père et la sœur de Francis Heaulme doivent ainsi être entendus. Ainsi qu’un de ses anciens co-détenus qui s’est, soudainement, souvenu que le «routard du crime» lui avait confessé avoir tué les deux enfants en 1992. «Le dossier fourmille de témoignages de co-déténus qui veulent obtenir une réduction de peine en chargeant Francis Heaulme», défend Pierre Gonzalez de Gaspard.

D’autre part, Gabriel Steffanus compte également demander une nouvelle expertise médicale et psychologique du tueur en série. Atteint du syndrome de Klinefelter, Francis Heaulme a toujours nié avoir tué les deux enfants de Montigny-les-Metz. Dans un entretien exclusif accordé à 20 Minutes, fin septembre, il expliquait «ne pas comprendre» son renvoi devant une cour d’assises. «J’ai déjà dit que ce n’était pas moi. Pour moi, c’est une erreur judiciaire aussi lourde que celle de Patrick Dils.»