Sex in the city: Une expo pour parler de plaisir et de prévention

PARIS L'exposition organisée par Solidarité Sida a pris ses quartiers à la Bastille pour faire progresser la prévention du VIH...

Audrey Chauvet

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L'exposition Sex in the city organisée par l'association Solidarité Sida, place de la Bastille à Paris en 2011.
L'exposition Sex in the city organisée par l'association Solidarité Sida, place de la Bastille à Paris en 2011. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Faire de la prévention par le biais du plaisir: l’exposition Sex in the city, qui a ouvert ses portes le 5 octobre place de la Bastille (Paris 11e), parle certes de sex-toys, de zones érogènes, d’orgasmes et d’amour, mais elle veut surtout rappeler que les infections sexuellement transmissibles rôdent toujours entre les draps. L’association Solidarité Sida a mobilisé ses bénévoles pour répondre à toutes les questions des visiteurs sur la sexualité et rappeler quelques chiffres marquants: en France, chaque jour, environ 17 personnes sont contaminées par le VIH, soit 6.000 par an. Tout aussi inquiétant: on estime que sur les 150.000 Français séropositifs, 30.000 l’ignorent faute de dépistage.

Des mauvaises raisons d’oublier la capote

Il y a encore beaucoup de travail à faire sur la prévention du VIH, explique Luc Barruet, directeur et fondateur de Solidarité Sida. Les jeunes générations connaissent le sida mais ils en ont moins peur que leurs aînés. Sans compter qu’il y a toujours beaucoup de freins à l’utilisation des préservatifs.» Unique moyen de se protéger des IST, le préservatif a encore mauvaise réputation: dans «le couloir des dangers» de l’exposition, les «bonnes raisons» de ne pas mettre de capote s’affichent. «Parce que je suis vierge», «parce que j’en ai pas sur moi», «parce que tu m’aimes vraiment»… «Les principales raisons qui reviennent dans la bouche des gens sont l’impression de connaître son partenaire, la confiance et la perte de plaisir», témoigne Emilie, chargée de prévention à Solidarité Sida.

Pour battre en brèche ces dangereuses idées reçues, des bénévoles de l’association répondent, à l’issue de l’expo, à toutes les questions des visiteurs. «Les principales interrogations portent sur la proportion d’homosexuels et d’hétérosexuels contaminés par le VIH, explique David, bénévole de Solidarité Sida. Les gens sont étonnés de découvrir que le sida n’est pas un problème d’homos: 60 à 65% des nouvelles contaminations concernent des hétéros.» Un autre inconnu suscite bien des curiosités: le préservatif féminin. «Il faut dire aux femmes qu’elles peuvent imposer leur préservatif pour se protéger et qu’il a beaucoup d’avantages, y compris pour les hommes!» détaille Emilie.

Un lieu de discussion sans gêne ni jugement

Comme il est toujours bon de rappeler les basiques, des affiches permettent de réviser quelles pratiques exposent à quelles maladies. «En général, les visiteurs savent que la pénétration vaginale et anale est risquée, mais on en sait moins sur les pratiques orales», commente David. Est-ce que je peux attraper une IST en pratiquant une fellation ou un cunnilingus? Une question pas évidente à poser mais à laquelle les bénévoles de Solidarité Sida se feront un plaisir de répondre. «Ces espaces de discussion sont la véritable réussite de l’exposition, se réjouit Luc Barruet. Le nombre d’interlocuteurs sur la sexualité est limité: à l’école, l’éducation sexuelle est quasi nulle, ce n’est pas facile d’en parler à son médecin ou en famille, avec les amis on ne dit pas tout… Ici, avec les bénévoles, on peut parler de tout sans jugement.» Sans oublier de repartir avec des préservatifs pour prendre du plaisir sans mettre sa santé en danger.