Paris: Bientôt un village d’insertion de Roms dans le 16e arrondissement?

J. C. (avec AFP)

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Expulsion d'un campement de roms à Montreuil rue de Paris à Bagnolet, le 2 mai 2013.
Expulsion d'un campement de roms à Montreuil rue de Paris à Bagnolet, le 2 mai 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le maire du 16e risque de se faire saouler au Rom par les communistes. Les élus parisiens du Front de Gauche veulent soumettre au vote lors du prochain Conseil de Paris des 14 et 15 octobre un «vœu» réclamant la création cet huppé arrondissement d'un village d'insertion à destination de la population Rom, qui ne cesse d'animer la campagne municipale à Paris.

«Il faut trouver des solutions»

Le vœu que proposera Ian Brossat (PCF) en séance dans les prochains jours fait notamment valoir qu'«en Ile-de-France vivent 10.000 des 17.000 ressortissants Roms en France, (...) dans des conditions de misère extrême, indignes de notre pays». Et que «considérant la volonté du gouvernement de voir créer 50 villages d'insertion à travers la France», la Ville de Paris doit aussi prendre une part «active» à cette politique.

Comme le 16e est le plus vaste arrondissement de la capitale et qu'il a perdu plus de 40.000 habitants en quarante ans d'après l'Insee, est-il souligné, il semble ainsi tout désigné pour participer à la solidarité avec les Roms et à accueillir un village d'insertion, aux yeux des élus FG. «Plutôt que de stigmatiser et d'instrumentaliser cette question il faut trouver des solutions et répartir l'effort de solidarité entre les arrondissements», a expliqué à l'AFP Ian Brossat (PCF), chef de file des élus communistes et du Parti de Gauche à Paris, lui-même élu du 18e.

«Je pense que la gauche doit être à l'offensive sur cette question des Roms et ne doit pas emprunter le discours de la droite comme le fait Manuel Valls», a-t-il ajouté.

Des «déclarations farfelus»

Interrogé par l'AFP, le député-maire UMP du 16e, Claude Goasguen, a parlé de «déclarations farfelues. Cela m'amuse, on avait Jean-Marie Le Guen [adjoint au maire PS] qui, il y a quelques mois, voulait mettre des HLM au milieu de l'avenue Foch, maintenant on a Ian Brossat qui veut mettre des Roms dans le 16e, on peut toujours dire n'importe quoi.»

A noter tout de même que ce «vœu», qui n'a pas de valeur juridique à l'inverse d'une «délibération» du Conseil de Paris, permet à un groupe politique d'interpeller l'assemblée municipale sur un sujet d'actualité et de susciter un débat.

Coïncidence du calendrier, se tenait ce weed-end place à Paris la troisième «Roma Pride», organisée par le Mouvement Antiraciste Européen (EGAM), et l'Union Française des Associations Tsiganes (UFAT). Cette mobilisation, qui se tient simultanément dans près de 15 pays européens entend défendre la dignité des Roms et des gens du voyage.