Le Monde défend Plantu contre les critiques de la CGT

PRESSE La directrice du «Monde», Natalie Nougayrède, tient à défendre «l'indépendance éditoriale absolue»...

avec AFP

— 

Dessin de Plantu à paraître dans l'édition du «Monde» daté du 1er octobre 2013
Dessin de Plantu à paraître dans l'édition du «Monde» daté du 1er octobre 2013 — Capture d'écran Twitter

Quatre jours après la publication en Une d'un dessin de Plantu jugé «indécent» par la CGT, Le Monde a défendu son dessinateur au nom de «l'Indépendance éditoriale» et du devoir du caricaturiste à «exagérer le trait», selon la chronique hebdomadaire de son médiateur parue vendredi.

Se demandant si Plantu, 62 ans, est «intouchable», le médiateur Pascal Galinier rapporte quelques-uns des nombreux courriers reçus au journal après CGT interdisant à une salariée de Castorama de travailler le dimanche à côté d'un intégriste musulman interdisant à une petite fille portant foulard d'aller à l'école. «Le musulman haineux, le cégétiste borné, unis dans la brimade de l'innocence incarnée, pourquoi tant de haine sociale et religieuse ?» avait écrit un lecteur. Pour Plantu, cité par le médiateur, «exagérer le trait fait partie du travail du caricaturiste, en lisant les réactions de certains lecteurs, je me dis que j'ai rempli le contrat». La directrice du Monde, Natalie Nougayrède, estime quant à elle que la publication d'un dessin «relève d'un principe que nous entendons défendre avec vigueur, l'indépendance éditoriale absolue». Mardi, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, avait qualifié le dessin de Plantu, d'«indécent», d'«antirépublicain», estimant qu'il «nous déshonore tous». «Le parallèle que fait le dessin de Plantu entre la CGT et la face la plus violente d'un extrémisme politique liberticide ne relève pas de ce registre-là», avait-il estimé. La centrale syndicale avait demandé au Monde la publication d'un droit de réponse que le journal considère irrecevable. Chaque matin, Plantu envoie au Monde cinq ou six dessins et la direction de la rédaction en choisit un destiné à la Une. «Au delà de Plantu, il y un choix éditorial qui doit être assumé», ont dit à l'AFP plusieurs journalistes du Monde. La Société des Rédacteurs du Monde (SRM) a préféré quant à elle s'abstenir de toute prise de position publique, malgré le vif débat interne qu'a provoqué la publication du dessin.">le dessin qui représente un militant CGT interdisant à une salariée de Castorama de travailler le dimanche à côté d'un intégriste musulman interdisant à une petite fille portant foulard d'aller à l'école.

«Le musulman haineux, le cégétiste borné, unis dans la brimade de l'innocence incarnée, pourquoi tant de haine sociale et religieuse ?» avait écrit un lecteur.

«J'ai rempli le contrat»

Pour Plantu, cité par le médiateur, «exagérer le trait fait partie du travail du caricaturiste, en lisant les réactions de certains lecteurs, je me dis que j'ai rempli le contrat».

La directrice du Monde, Natalie Nougayrède, estime quant à elle que la publication d'un dessin «relève d'un principe que nous entendons défendre avec vigueur, l'indépendance éditoriale absolue».

Mardi, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, avait qualifié le dessin de Plantu, d'«indécent», d'«antirépublicain», estimant qu'il «nous déshonore tous». «Le parallèle que fait le dessin de Plantu entre la CGT et la face la plus violente d'un extrémisme politique liberticide ne relève pas de ce registre-là», avait-il estimé.

Choix éditorial

La centrale syndicale avait demandé au Monde la publication d'un droit de réponse que le journal considère irrecevable.

Chaque matin, Plantu envoie au Monde cinq ou six dessins et la direction de la rédaction en choisit un destiné à la Une. «Au delà de Plantu, il y un choix éditorial qui doit être assumé», ont dit à l'AFP plusieurs journalistes du Monde.

La Société des Rédacteurs du Monde (SRM) a préféré quant à elle s'abstenir de toute prise de position publique, malgré le vif débat interne qu'a provoqué la publication du dessin.