Nîmes: Un ex-agent d'assurance mis en examen pour une escroquerie de 3,75 millions d'euros

JUSTICE L'homme gardait l'argent des clients et payait lui même en cas de dommages...

avec AFP

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Le bijoutier qui a tué jeudi un braqueur à Sézanne (Marne), avait une "autorisation préfectorale" de détention d'arme, et l'enquête dira s'il a agi "en état de légitime défense", a déclaré vendredi le procureur de Châlons-en-Champagne.
Le bijoutier qui a tué jeudi un braqueur à Sézanne (Marne), avait une "autorisation préfectorale" de détention d'arme, et l'enquête dira s'il a agi "en état de légitime défense", a déclaré vendredi le procureur de Châlons-en-Champagne. — Philippe Huguen AFP

Un ancien agent d'assurance a été mis en examen mercredi à Nîmes pour une escroquerie aux dépens de 150 à 200 victimes et dont le préjudice est estimé à 3,75 millions d'euros, a-t-on appris de source judiciaire.

Un mandat de dépôt a été requis à l'encontre de cet homme de 50 ans, a précisé la procureur de la République Laure Beccuau. Son épouse et sa secrétaire, interpellées lundi en même temps que le mis en cause ont été remises en liberté. Elles seront convoquées ultérieurement pour une mise en examen, a indiqué la magistrate.

Les motifs retenus pour la mise en examen du suspect, qui a reconnu les faits, selon la police, porte sur une «escroquerie aggravée par personne recevant des fonds habituels», «faux et usage de faux», «recel», ainsi que «blanchiment», a indiqué Laure Beccuau.

Il conservait l'argent

La notion de blanchiment permet la saisie par le juge d'instruction de l'ensemble du patrimoine immobilier, notamment les parts dans les Sociétés civiles immobilières, ou mobilier des suspects, a précisé la magistrate.

L'enquête avait débuté après une plainte au début de l'année d'une compagnie d'assurance qui s'était séparée à la mi-2012 de cet agent nîmois à la suite d'audits suspects. Selon les enquêteurs, l'escroquerie avait commencé il y a sept ou huit ans mais s'était accélérée sur les trois dernières années, soit 3,75 millions d'euros à minima sur cette période

Le principe était simple: l'assureur indélicat avait conservé l'argent des personnes qui avaient souscrit des assurances et avait payé en cas de besoin les dommages avec l'argent des cotisations.

Au total, quelque quarante souscripteurs d'assurances vie dans le Gard et les départements limitrophes ont été escroqués mais pris en charge par la compagnie d'assurance. De 100 à 150 souscripteurs d'assurances risques (habitation, dommages ouvrages, automobile) sont également concernés, par cette escroquerie.

Voitures, montres, tableaux...

«Il payait les dégâts sur ses deniers en cas de litige avec des clients pour ne pas être repéré. Il a eu de la chance: il n'a jamais eu de gros accident à payer et les dommages se sont révélés occasionnels», a expliqué le commissaire Gil Andreau, Directeur départemental de sécurité publique du Gard, au cours d'une conférence de presse.

Selon une estimation du GIR, (groupement d'intervention régional) à Montpellier, qui a participé à l'enquête avec la Brigade financière de la Sûreté départementale, le patrimoine immobilier de l'ex-agent d'assurance s'élevait à plus de 2 millions d'euros avec notamment un luxueux mas à Chateaurenard (Bouches-du-Rhône) où il habite.

Deux voitures, dont une très haut de gamme, des montres, des bijoux, des tableaux, une cave contenant des grands crus mais aussi plusieurs armes dont une mitrailleuse de la deuxième guerre mondiale et un pistolet automatique 11,43 ont été saisis lors des perquisitions, a précisé le commissaire Andreau

Selon les enquêteurs, l'épouse était au courant des escroquerie.