Salle de fitness féminine au Raincy: Une fausse polémique?

SOCIÉTÉ server un club à des femmes est légal. Et la salle n’entend pas, comme une rumeur l’a indiqué, ouvrir une salle de prière...

E.O.

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Illustration: Un cours de fitness.
Illustration: Un cours de fitness. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Le bras de fer est musclé autour de la nouvelle salle de sport du Raincy (Seine-Saint-Denis) réservée aux femmes. D’un côté, le maire UMP de la ville, Eric Raoult, évoque un «commerce sportif religieux» et souhaite sa fermeture, officiellement en raison de problèmes de sécurité et d’absence de parking. De l’autre, les gérants d’Orty Gym nient tout communautarisme et entendent bien ne pas fermer leur salle.

Les problèmes de sécurité soulevés par le maire seront étudiés jeudi par une commission qui va effectuer un contrôle. Mais la polémique a soulevé bien d’autres questions, en particulier sur la légalité du commerce en question.

«Des femmes ne veulent pas faire du sport au milieu d’hommes»

Orty Gym n’est pas le premier club de sport réservé aux femmes. Et le droit de proposer des services uniquement à un public féminin ou masculin a été écrit dans la loi sur la lutte contre les discriminations de mai 2008. Le groupe Moving a ainsi ouvert depuis 2006 cinquante-quatre salles strictement destinées aux femmes, sous la marque «Ladymoving». Et assure qu’elles n’ont pas été créées spécialement en direction des femmes musulmanes.

«Des femmes ne veulent pas faire du sport au milieu d’hommes, par exemple parce qu’elles sont en surpoids ou qu’elles ne veulent plus se faire draguer», explique le secrétaire général du groupe, Michael Serfaty.

«Ouvert à toutes les femmes»

D’après lui, «c’est un concept ouvert à tout le monde», pratiquant ou non, dans le respect du règlement intérieur qui «interdit tout couvre-chef pour des raisons de sécurité et d’hygiène». «Après, les franchisés sont libres de s’installer où ils le souhaitent.»

«Nous sommes ouverts à toutes les femmes, même s'il est vrai que celles qui sont voilées sont plus nombreuses car elles se sentent à l'aise chez nous», a de son côté commenté Lynda Ellabou, la gérante du club du Raincy auprès du Figaro. Pour autant, pas question d’installer une salle de prière au sein même du club, a-t-elle assuré, contrairement à ce que la rumeur laissait entendre. 

La gérante a demandé au site Oumzaza, un «webzine pour les familles musulmanes» qui avait écrit quelques lignes à ce propos au début de l’été, de retirer l’extrait en question. Lundi, le site a nié avoir jamais écrit le terme de «salle de prière» mais a indiqué avoir imaginé un «espace» «qui aurait été disponible pour les femmes, si ces dernières souhaitaient prier».  «Si une de mes clientes veut faire la prière, je lui prêterai un bureau», a toutefois indiqué la gérante du club au Figaro.