Boissons énergisantes en France: Les 14-25 ans dans la ligne de mire

SANTE L'agence sanitaire (Anses) doit rendre ce mardi ses conclusions sur les risques liés aux boissons énergisantes, que consomment 9 millions de Français de plus de 14 ans...

avec AFP

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Des boissons énergisantes "Monster Energy".
Des boissons énergisantes "Monster Energy". — RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

La caféine (présente dans le café, le thé, la kola, le guarana, le maté) est d'un usage très ancien, mais sa consommation sous forme de boissons «énergisantes» est un «phénomène nouveau et en forte expansion», selon l'agence sanitaire Anses.

Près de 9 millions de Français de plus de 14 ans consomment ces boissons dites «énergisantes» (BDE) dont 96% contiennent de la caféine. Cette proportion d'adeptes (17% en 2011) apparaît moindre que dans l'étude de l'agence européenne Efsa réalisée en 2012 auprès de 16 pays avec 30% de consommateurs adultes. Mais «la France est l'un des derniers pays, sinon le dernier, à avoir autorisé ce type de boissons», dit à l'AFP Franck Fourès de l'Anses. Ce qui expliquerait ce décalage.

Parmi les consommateurs français, un quart environ a entre 14 et 25 ans et 60% sont des hommes. Les 14-19 ans représentant 1,2 million de l'ensemble des consommateurs.

Consommation liée à la fête ou au sport

Un tiers de l'ensemble des consommateurs de plus de 14 ans avale ces boissons dans un contexte festif, dans les bars, les discothèques, lors de concerts ou de soirées. Mais pour 3,6 millions d'entre eux, cette consommation est liée à l'activité sportive (avant, pendant ou après). Près de 2 millions des consommateurs reconnaissent pouvoir en consommer plus d'un demi-litre au cours d'une même journée.

Le mélange avec l'alcool (déconseillé par l'Anses) est répandu en France : à l'échelle nationale 1,4 million de personnes de plus de 14 ans mélangent ces boissons «énergisantes» à de l'alcool au moins de temps en temps, une pratique plus fréquente chez les jeunes. Par ailleurs, sans doute par lutter contre le manque de sommeil, 10% en consomment dans un contexte professionnel, sur le lieu de travail ou d'études.

On découvre au détour que «1,8 million des adeptes de ces boissons ''énergisantes'' ont 65 ans ou plus», relève le Pr Irène Margaritis, chef de l'unité d'évaluation des risques liés à la nutrition Anses. Mais «aucun risque spécifique dans cette frange de population inattendue n'a été relevé, contrairement à ce qui est observé chez les plus jeunes», précise-t-elle.