Affaire Bettencourt: Woerth et Sarkozy se pourvoient en cassation

JUSTICE L'ex-Président et l'ancien ministre du Budget, mis en examen dans cette affaire, contestent l'arrêt de la cour d'appel validant le volet de l'instruction sur les «abus de faiblesse» commis au détriment de Liliane Bettencourt...

avec AFP

— 

Nicolas Sarkozy devant le siège de l'UMP lundi 8 juillet 2013
Nicolas Sarkozy devant le siège de l'UMP lundi 8 juillet 2013 — V. Wartner/20 Minutes

L'ex-président de la République Nicolas Sarkozy et l'ancien ministre du Budget Eric Woerth se sont pourvus en cassation contre l'arrêt validant le volet de l'instruction de l'affaire Bettencourt dans lequel ils sont poursuivis, a-t-on appris ce lundi de source proche du dossier.

Nicolas Sarkozy et Eric Woerth contestent ainsi l'arrêt de la cour d'appel de Bordeaux rendu le 24 septembre et validant le volet de l'instruction sur les «abus de faiblesse» commis au détriment de Liliane Bettencourt. L'arrêt validait notamment une expertise médicale clef du dossier, selon laquelle la vieille dame est en état de vulnérabilité depuis 2006.

Nicolas Sarkozy est mis en examen depuis le 21 mars 2013 pour abus de faiblesse au détriment de la milliardaire. Il est soupçonné d'avoir obtenu d'elle des largesses pour sa campagne présidentielle de 2007. L'ex-trésorier de l'UMP, Eric Woerth, est lui poursuivi pour le recel d'une somme remise par l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre.

Douze mis en examen

Sur les douze mis en examen dans ce volet de l'instruction, la plupart ont décidé de se pourvoir en cassation. C'est le cas notamment de Patrice de Maistre et du photographe François-Marie Banier.

Martin d'Orgeval, compagnon de ce dernier, a également pris cette décision, tout comme l'avocat Pascal Wilhelm, qui avait succédé à Patrice de Maistre comme homme de confiance de la milliardaire, ou encore l'homme d'affaires Stéphane Courbit et l'ancien gestionnaire de l'île seychelloise d'Arros, Carlos Cassina Vejarano.

En principe, le président de la chambre criminelle de la Cour de cassation doit désormais décider si l'affaire doit être examinée en urgence par la plus haute juridiction française. En cas de recevabilité, les délais sont ensuite très variables, mais, selon un connaisseur du dossier, cette étape pourrait prendre facilement six à huit mois.