Catastrophe de Brétigny: Les victimes en quête de réponses lors d'une réunion

ACCIDENT La question, délicate, de l'indemnisation des victimes, sera notamment abordée...

avec AFP

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Accident de train à Brétigny, le 12 juillet 2013. De victimes sont prises en charge par des agents de la SNCF.
Accident de train à Brétigny, le 12 juillet 2013. De victimes sont prises en charge par des agents de la SNCF. — MARTIN BUREAU / AFP

Les familles des victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui a fait sept morts et des dizaines de blessés le 12 juillet, attendaient des réponses à leurs questions lors d'une réunion d'information qui a débuté samedi à Paris.

Les passagers du train Téoz 3657 qui a déraillé alors qu'il reliait Paris à Limoges, ainsi que les familles de victimes, étaient conviés à cette réunion avec le procureur d'Evry Eric Lallement, la SNCF et le coordinateur du dispositif d'aide aux victimes de l'accident, Philippe Cèbe. Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier était aussi attendu. Ils devaient notamment faire le point sur l'enquête et les indemnisations.

«Je ne veux surtout pas oublier les personnes»

Manou N'Diaye, passager du train qui a déraillé, a dit avant la réunion être venu pour «savoir ce qui s'est passé». «A cause de mon travail je suis amené à prendre le train, je veux savoir si le réseau est sûr», a-t-il souligné.

Un autre passager, Jean-Robert Baroux, qui explique avoir eu «quelques bleus mais surtout une blessure psychologique», a rappelé «l'impression de no man's land» qui régnait sur les lieux de la catastrophe. «J'essaye un peu d'oublier les images mais je ne veux surtout pas oublier les personnes», a ajouté cet homme qui s'est porté partie civile.

La SNCF critiquée

«Beaucoup de questions ne vont pas trouver de réponses», a estimé, de son côté, le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac), Stéphane Gicquel. «Au moins on peut reconnaître à la SNCF de venir rencontrer les victimes», a-t-il ajouté. Selon lui, «un grand nombre de victimes ont une inquiétude, celle de ne pas être reconnues comme victimes». Il a rappelé que certaines personnes rencontraient des «difficultés économiques» voire des situations de «détresse morale». «Ces personnes ont des besoins, la SNCF doit prendre en compte ces besoins», a affirmé Stéphane Gicquel, tout en assurant que les indemnisations, quel que soit leur niveau, n'avaient pas pour but «d'empêcher les personnes d'aller au procès».

La SNCF a fait l'objet de nombreuses critiques après la publication en début de semaine d'un rapport interne au groupe ferroviaire relevant l'absence, dès avant le déraillement, d'un des quatre boulons qui retenaient l'éclisse mise en cause dans l'accident. Mais l'enquête reste suspendue aux premières conclusions des expertises métallurgiques, qui ne sont pas attendues avant au moins un mois.