La sécurité au quotidien dans une ZSP: «Les Tarterêts, c’est devenu ”Secret-Story”»

William Molinié

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Cité des Tarterêts à Corbeil Essonne en août 2012.
Cité des Tarterêts à Corbeil Essonne en août 2012. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il y a un an, à l’annonce du placement en zone de sécurité prioritaire (ZSP) du quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), des graffitis «anti-Valls» avaient fleuri sur les façades des immeubles. Douze mois plus tard, ils ne sont plus là. A la place, ce sont des caméras de surveillance qui ont poussé aux coins des rues.

 Régulièrement, les habitants se faisaient dépouiller après avoir retiré de l’argent au distributeur de La Poste. «J’ai l’impression qu’il y a beaucoup moins d’agressions», estime Anissa, une lycéenne de 17 ans. A une dizaine de mètres, une caméra perchée en hauteur repose sur un lourd socle de béton.
 
«Les caméras, c’est dissuasif»
 
«Il y a eu des tentatives pour les casser. Mais celles-ci, personne n’y est arrivé», raconte un jeune garçon à la sortie du lycée Robert Doisneau, surplombant la cité des Tarterêts. Il reconnaît que depuis que le quartier est inscrit en ZSP, «les choses vont mieux». «D’ailleurs, les caméras valent aussi pour les policiers. J’ai l’impression qu’ils se sont calmés», assure-t-il.
 
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Habibou, 33 ans, a grandi dans le quartier qu’il connaît comme sa poche. «Ce n’était plus possible, les jeunes faisaient n’importe quoi en agressant tout le monde. Les caméras, c’est très dissuasif, soutient-il. Et les jeunes le savent. D’ailleurs, ils disent même “Les Tarterêts, c’est devenu Secret Story”.»
 
Le dispositif de surveillance, financé à la moitié par l’Etat –138 appareils d’ici à la fin de l’année dans la ville– permet à des opérateurs assermentés de prévenir la police en cas de flagrant délit. «Tout le monde se tient à carreau sur l’espace public. Les jeunes ont arrêté de dealer dans la rue», observe Habibou.
 
«La violence est toujours là»
 
Pour autant, fait-il davantage bon vivre dans la ZSP des Tarterêts? Des sources policières locales évoquent une baisse de la délinquance d’environ 15%, uniquement grâce à l’apport des caméras. «Tout n’a pas été réglé, je vous rassure», lâche un commerçant du quartier. «En fait, avec les caméras, la violence se voit moins. Mais elle est toujours là, dans les halls d’immeubles, chez les gens, à l’école…» énumère-t-il.
 
Une postière qui fait sa «tournée» nous fait accéder au hall d’un nouvel immeuble, construit dans le programme de réaménagement après la démolition des tours. Déjà, des tags ternissent les murs fraîchement peints. Par terre, quelques bris de verre.
 
«Depuis un an, je n’ai pas tellement vu la différence. J’ai régulièrement des agressions verbales. Il faut passer déposer le courrier au milieu des jeunes qui squattent. Généralement, ça va en s’empirant à l’approche des fêtes de Noël», témoigne-t-elle.