Mort de Fiona: Les recherches du corps n'ont rien donné

SOCIETE Le deuxième jour de recherches n' a pas permis de retrouver le corps de la fillette...

avec AFP

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Des gendarmes participent à la recherche du corps de Fiona, le 27 septembre 2013. 
Des gendarmes participent à la recherche du corps de Fiona, le 27 septembre 2013.  — THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Les nouvelles recherches effectuées vendredi pour retrouver le corps de Fiona autour d'Aydat (Puy-de-Dôme), au sud de Clermont-Ferrand, n'ont rien donné.

Il n'est pas prévu pour l'instant d'en entreprendre de nouvelles, a-t-on précisé de même source. Des fouilles s'étaient déjà avérées infructueuses jeudi, après l'aveu de la mère de Fiona et de son compagnon que la fillette de cinq ans était morte et enterrée.

Le compagnon de la mère a participé aux recherches, selon son avocat

Les recherches de vendredi se sont concentrées en fin d'après-midi dans une zone forestière du secteur de La Cassière, un hameau d'Aydat, au sud de Clermont-Ferrand , ont constaté des journalistes de l'AFP. Vers 18H30, alors que le convoi d'enquêteurs avait quitté les lieux, on pouvait voir que de la mousse avait été retournée dans cette zone située en haut d'une colline, à proximité d'une antenne relais.

Des traces de chiens de la brigade cynophile étaient également visibles. Berkane Maklouf, le compagnon de Cécile Bourgeon, la mère de la fillette de cinq ans, était vraisemblablement présent, mais il n'a pas été vu par les journalistes. Mis en examen jeudi soir, notamment pour «coups mortels», il avait été extrait un peu plus tôt de prison pour apporter son concours aux recherches, selon son avocat, Me Mohamed Khanifar.

Vers 16H00, une source judiciaire indiquait à l'AFP que le procureur de la République à Clermont, Pierre Sennes, prenait la route d'Aydat. Vers 18H00, des voitures de police sont montées à vive allure, avec une brigade cynophile, sur une colline de La Cassière, un hameau d'Aydat, dont l'accès a été fermé par les gendarmes pendant environ une heure, avant que le cortège n'en reparte.

L'avocat de Berkane Maklouf n'a pas pu être joint. Il avait assuré que son client participerait, «au mieux de ses possibilités» plusieurs mois après les faits, à retrouver le corps de Fiona. L'autopsie pourrait selon lui appuyer la thèse de l'accident domestique qu'il soutient - la fillette se serait étouffée dans son vomi - alors que Cécile Bourgeon accuse son compagnon de lui avoir porté un coup fatal.

La défense de la jeune femme a une autre version

La défense de la jeune femme estime au contraire que «les choses se sont décantées» dans cette affaire depuis que la justice a fait de Maklouf le principal suspect en retenant la version de la mère. «Aucune qualification criminelle n'est retenue contre elle», a souligné vendredi Me Gilles-Jean Portejoie. La mère de Fiona a été mise en examen pour «non-assistance à personne en danger», «recel de cadavre», «dénonciation mensongère d'un crime» et «modification d'une scène de crime», et écrouée à Lyon.

Sa défense a aussi souligné vendredi qu'elle avait subi des violences de son compagnon et qu'elle était «couverte de bleus», d'après des constatations médicales en garde à vue, lors de laquelle Cécile Bourgeon, toxicomane comme Berkane Maklouf, s'est vu administrer du Subutex.

Me Khanifar a lui assuré de «l'amour» de son client pour sa compagne. «Il ne lui a pas témoigné d'acrimonie», a-t-il dit, en dépit des accusations qu'elle a portées contre lui. Selon Cécile Bourgeon, Berkane Maklouf a «porté un coup important» à Fiona le soir du 11 mai, lui occasionnant «un hématome autour de l'oeil». Dans la nuit, «Fiona a vomi à plusieurs reprises» et elle a été «découverte morte dans son lit au matin».

Berkane Maklouf, lui, reconnaît que Fiona a reçu des coups dans les jours précédant sa mort mais nie farouchement en être l'auteur. Selon lui, l'enfant s'est étouffée dans son vomi. Ils l'ont trouvée le matin dans cet état et ont paniqué, décidant de l'enterrer et d'inventer un scénario de disparition.

Travail de clarification

«Un important travail de clarification sera mené dans les prochains jours par le juge d'instruction», a souligné jeudi le procureur.

Cette affaire qui suscite l'émoi à Clermont-Ferrand a commencé il y a plus de quatre mois lorsque Cécile Bourgeon a affirmé à la police que sa fille de cinq ans avait disparu dans un parc de la ville alors qu'elle-même, enceinte de six mois, s'était assoupie sur un banc.

Une information judiciaire avait été ouverte deux jours plus tard pour «séquestration et enlèvement», mais la piste familiale a rapidement été exploitée. Les policiers souhaitaient entendre le couple dès juin, mais ont attendu que Cécile Bourgeon accouche d'un troisième enfant pour l'interroger.