Paris: Grève des petites mains du palace Park Hyatt Paris-Vendôme

SOCIAL Les salariés d'un sous-traitant du très chic palace manifestaient, ce mardi, pour dénoncer leurs conditions de travail...

Mathieu Gruel

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Une soixantaine de sous-traitants et salariés du Park Hyatt Paris-Vendôme manifestent depuis vendredi pour dénoncer leurs conditions de travail, le 24 septembre 2013.
Une soixantaine de sous-traitants et salariés du Park Hyatt Paris-Vendôme manifestent depuis vendredi pour dénoncer leurs conditions de travail, le 24 septembre 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Le contraste est saisissant. Dans la très chic rue de la paix (2e), les drapeaux rouges qui s'agitent ce mardi matin ne passent pas inaperçus. Une soixantaine de personnes, des femmes de chambre, équipiers ou valets manifestent devant l'entrée de l'hôtel de luxe Park Hyatt Paris-Vendôme, un cinq étoiles qui a obtenu la qualification de palace en 2011.

Pour la plupart, il s'agit d'employées d'un sous-traitant, la Française de services, en contrat avec le palace situé à quelques mètres de la place Vendôme. Tous se plaignent de leurs conditions de travail, «très dures», lâche Dominguez, qui travaille comme femme de chambre depuis dix ans. Une autre explique avoir dû «se faire opérer des deux mains», qui étaient usées par les lourdes charges.

700 euros par mois

Depuis vendredi, ces salariés se sont donc lancés dans une grève illimitée. «Et on ira jusqu'au bout», prévient Etienne Deschamps, de la CNT-Solidarité ouvrière. Car les raisons de la colère sont multiples. Contrats de cinq heures, absence de repos compensateurs ou de 13e mois, salaire de misère... «Certains ne gagnent que 700 euros par mois», explique une des manifestantes, qui dit s'occuper de suites à 14.000 euros la nuit.

La lutte est donc «symbolique», estime Danielle Simonnet, venue soutenir les manifestants. Pour la candidate du Parti de gauche aux prochaines municipales, ce conflit «montre bien l'existence de deux mondes».

Et la «situation est d'autant plus criante dans ce quartier», fait remarquer Claude Lévy, délégué CGT des hôtels de prestige. Rappelant notamment la volonté des manifestants à être embauchés en interne, il indique également qu'«il s'agit du seul palace à pratiquer la sous-traitance».

Spectacle «effarant»

Mais du côté de la direction de l'hôtel, contacté par 20 Minutes, on renvoie le règlement du conflit à son sous-traitant. «Park Hyatt Paris Vendôme n'est aucunement partie prenante au conflit en cours entre le prestataire et ses salariés», a-t-elle souligné dans un communiqué.

Une vision que partage l’un des clients de l’établissement. «C'est le sous-traitant qui est en tort dans cette affaire», estime l'homme, qui se dit habitué des lieux. Et puis, «tout cela gène les affaires», ajoute le monsieur, par ailleurs «effaré» par le spectacle.

Sur la chaussée, les manifestants ont entrepris un défilé alternatif, en clin d'oeil à la fashion week qui vient de débuter. Perruques de couleur, sifflets, danses… «C’est n’importe quoi», lâche le client mécontent, alors que résonnent les «frotter, frotter, il faut payer», scandés par ce cortège coloré et bruyant. Car s’ils dénotent dans le quartier, les manifestants espèrent surtout être entendus.