Flash test VIH: «Un enjeu de santé personnel et collectif»

INTERVIEW Une semaine de dépistage du VIH a débuté, ce lundi en Ile-de-France. Stephen Karon, coordinateur régional de l'opération, fait un point sur le dispositif...

Mathieu Gruel

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Flash test VIH, opération dépistage rapide du sida le 23 septembre 2013 à Paris.
Flash test VIH, opération dépistage rapide du sida le 23 septembre 2013 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

C'est la plus importante opération de dépistage jamais organisée en France. Depuis lundi et jusqu'au 29 septembre, plus de 2.500 tests de dépistage du VIH devraient être réalisés lors de l'opération «Flash Test VIH».

>> Pour lire notre reportage dans l'un des lieux de dépistage, c'est par ici

Stephen Karon, qui coordonne ce projet lancé par l'Agence Régionale de Santé (ARS) Île-de-France, les cinq comités de coordination de lutte contre le VIH (Corevih) d'Ile-de-France, le Crips et Sidaction, en détaille le fonctionnement.

Quels sont les publics visés par l’opération?

Ils sont divers. Nous visons principalement les personnes susceptibles d'être les plus exposées au VIH. Notamment les hommes homosexuels, bisexuels, mais aussi les personnes migrantes ou en situation de prostitution. C'est pourquoi nous avons installé notre dispositif sur des lieux en lien avec ces publics. Au total, 110 sites d'accueil sont mis en place.

Comment se passe le test?

Il y a d'abord une phase d'accueil. Les personnes prises en charge doivent ensuite répondre à un questionnaire, avant de monter dans le camping-car, où nous prenons le temps de discuter avec eux. C'est également là qu'a lieu le prélèvement sanguin, gratuit et anonyme, puis l'annonce du résultat qui intervient dans la minute. Qu’il soit négatif ou positif, la personne n’est pas seule face à l’annonce.

Et que se passe-t-il si ce résultat est positif?

C'est d'abord un moment délicat. Certains sont sonnés quand on leur annonce. Mais c'est difficile aussi pour ceux qui donnent la réponse. C'est pourquoi 145 personnes ont été formées à la prévention, à la pratique des TROD (*) et donc à annoncer ces résultats. Ensuite, les personnes prises en charge sont redirigées vers des centres de soins.

Dans quel but?

Si le test est négatif, le résultat est sûr à 100%. En revanche, s'il est positif, il faudra en faire un deuxième, car une confirmation est nécessaire. C'est pourquoi nous les accompagnons et les orientons vers une structure de soin adaptée. Celle-ci sera ensuite chargée de rappeler la personne, pour lui annoncer le résultat.

Quels sont les enjeux de ce dispositif?

Il faut bien comprendre que ce n'est plus le sida des années 90 auquel nous avons affaire. Il est désormais possible de rester en bonne santé malgré l’infection, si elle est dépistée tôt. Le but est donc de permettre aux publics visés de mieux connaître leur statut. Pour se faire traiter rapidement si besoin, mais aussi pour protéger ses partenaires. C'est donc un enjeu de santé personnel et collectif.

* TROD (Test rapide d'orientation diagnostique), est un test rapide et fiable, effectué à partir d'une goute de sang prise au bout du doigt.