Le gendarme de la publicité interdit la campagne de la Smerep jugée trop sexiste

PUBLICITE La mutuelle étudiante avait lancé en juin une série de spots publicitaires mettant en scène cinq caricatures d'étudiants...

C.P.

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Extrait de la campagne publicitaire de la Smerep.
Extrait de la campagne publicitaire de la Smerep. — Youtube

«Futiles, irréfléchies, sottes voire agressives»: voilà l’image peu reluisante des femmes véhiculée par la dernière campagne de la Smerep selon le  jury de déontologie publicitaire (JDP).


Saisie en juillet de plaintes de l'association féministe Les Chiennes de garde, puis du ministère des Droits des femmes et de trois particuliers, cette instance associée à l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a publié cette décision défavorable mercredi dernier sur son site Internet, demandant «au directeur général de l’ARPP de prendre les mesures nécessaires au non renouvellement de cette campagne publicitaire».

Second degré ou vrai sexisme

 Conçue par l’agence de publicité Lowe Strateus et diffusée sur Internet et au cinéma depuis juin cette série met en scène cinq caricatures d’étudiants qui choisissent leur mutuelle pour de mauvaises raisons: «Clara 18 ans, la blonde» qui voulait recevoir un catalogue de vêtement, «Thomas, 19 ans, le flemmard», qui n’a pas de vraie raison, «Greg 19 ans, le tombeur» qui affirme que «c'est pour la meuf, mec», «June 18 ans, la vénère» qui veut «faire chier sa sœur»: et «Jeanne 22 ans, la parisienne» «parce qu’elle est parisienne».

Un parti-pris décalé «correspondant aux codes de la tranche d’âge de 17-19 ans afin de mieux les toucher» a fait valoir la SMEREP. Un argumentaire qui n’a pas suffi à convaincre le JDP.

«Au-delà de présenter des stéréotypes sociaux, la publicité en cause, sous couvert d’humour, utilise ceux qui sont les plus dévalorisants et insultants pour les femmes et les personnes de couleur noire tout en donnant de la jeune génération une idée d’ensemble réductrice et négative», explique-t-il dans sa décision.

Selon le jury, cette série publicitaire intitulée contrevient ainsi  à l'article 2 de la recommandation «Image de la personne humaine» de l'ARPP qui dispose notamment que «la publicité ne doit pas réduire la personne humaine, et en particulier la femme, à la fonction d’objet».

La Smerep, elle, contre-attaque: à la suite de cette décision, elle a publié depuis samedi sur sa chaîne YouTube une série de micro-trottoirs, visant à dénoncer cette interdiction de diffusion.