Sécurité routière: Pourquoi les passages à niveau sont toujours dangereux

SOCIETE Réseau Ferré de France (RFF) organise ce mardi une journée nationale de prévention aux passages à niveau…

Delphine Bancaud

— 

Un octogénaire a été tué lundi matin, percuté par un TER sur un passage à niveau à Toulouse (Haute-Garonne),le 8 juillet 2013.
Un octogénaire a été tué lundi matin, percuté par un TER sur un passage à niveau à Toulouse (Haute-Garonne),le 8 juillet 2013. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Chaque année, des accidents rappellent aux automobilistes que traverser un passage à niveau n’a rien d’anodin. Pour enfoncer le clou, Réseau Ferré de France (RFF) organise ce mardi une journée nationale de sécurité routière aux  passages à niveau.

Une démarche utile puisque chaque jour, 30% à 50% des fermetures de passages à niveau voient un usager de la route passer en infraction. Et en 2012, 130 collisions y ont eu lieu. Compte tenu de la vitesse des trains (jusqu’à 160km/heure) et de leur poids (1.500 tonnes), les dommages ont été très importants puisque ces accidents ont coûté la vie à 33 personnes et causé 10 blessés graves.

Les comportements à risques en cause

Des accidents qui sont plus rarement dus à un manque de visibilité du passage à niveau qu’à des infractions au Code de la route (en cause dans 98% des cas). «Certains automobilistes croient avoir le temps de traverser le passage à niveau alors que les portiques de sécurité s'abaissent. Ils ne se rendent pas comptent que le train est là dans les 20 secondes et qu’ils peuvent caler», précise RFF.

Une conduite à risque qui n’est pas rare chez les automobilistes résidant à côté d’un passage à niveau: «Le fait de le franchir tous les jours émousse la vigilance de certains conducteurs qui ne voient plus le danger», souligne Emmanuel Renard, directeur du service éducation-formation de l'association Prévention routière. Une vitesse d’approche excessive aux abords des passages à niveau peut aussi conduire à la catastrophe, complète-t-il: «Sur une route départementale limitée à 90km, si un conducteur arrive à plus vive allure et que le passage à niveau se situe après un virage, il n’aura pas le temps de freiner.»

Un  programme national de sécurisation en cours

Pour dissuader les automobilistes de commettre ce type d’infractions, la Sécurité routière a installé ces dernières années 45 radars de franchissement aux abords des passages à niveau. Trente nouveaux seront installés cette année, a annoncé mardi, e ministre des Transports Frédéric Cuvillier. En cas d'infraction, l'automobiliste écope d'une amende de 135 euros et d'un retrait de quatre points en moins sur le permis. En 2008, un plan national a également été lancé pour améliorer encore la sécurisation des passages à niveau (installation de feux à diodes, de feux sur potence, d'îlots séparateurs de sens, de mesures pour réduire la vitesse d'approche...) ou pour tout bonnement supprimer ces derniers. A ce jour, 170 passages à niveau doivent  encore être sécurisés. En 2013, l’Etat, RFF et des collectivités territoriales ont d'ailleurs prévu un investissement de 45 millions à cet effet. Des efforts salués par Pierre Chasseray président de 40 millions d’automobilistes, qui suggère aussi de «renforcer encore la signalétique lumineuse des passages à niveau et de créer un système de décompte sonore avant la descente de la barrière» afin de dissuader encore davantage les comportements à risque.