Congé parental: «Mon conjoint ne le prendra pas, pas parce que c'est un homme mais parce qu'il gagne le double de mon salaire!»

TÉMOIGNAGES es internautes de «20 Minutes» ne semblent pas décidés à mieux répartir le congé parental entre père et mère...

Christine Laemmel

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Un homme devant une poussette, illustration.
Un homme devant une poussette, illustration. — ANA AREVALO / AFP

La réforme du congé parental  adoptée le 17 septembre, contraint désormais les parents d’au moins deux enfants, à partager les trois ans entre père et mère. Six mois au minimum devront être pris par le second parent.  Inciter les pères à prendre eux aussi un congé parental va-t-il fonctionner dans les faits? Nous avons posé la question aux internautes de 20 Minutes.

Sur le principe, la majorité semble s’accorder. Selon un récent sondage IFOP, 89% des personnes interrogées estiment que «mieux partager» le congé parental entre le père et la mère, serait une «bonne chose». Amélie, mère de deux filles, «adhère sur le fond qui est la parité, l'égalité entre homme et femme. Oui, les pères devraient pouvoir en profiter autant que nous.» Sauf que dans la pratique, l’intérêt de cette réforme ne convainc pas.  «On nous impose un mode de vie. De quel droit l'Etat s'immisce-t-il ainsi dans nos foyers?» explique Claire.

Si le manque de souplesse est critiqué, c’est déjà parce que certaines internautes insistent pour rester, elles et pas les pères, auprès de leurs enfants le plus longtemps possible, «par vocation» nous dit Aurélie, ou «parce que mon mari ne veut pas gérer les enfants et la maison tout seul», explique une autre internaute.

«Réformer les salaires des femmes» plutôt que la durée du congé

C’est aussi parce que dans les faits, l’homme gagne mieux sa vie. «Il n'a jamais été envisagé que mon conjoint reste à la maison, raconte Patricia, enceinte de son troisième enfant, non pas parce qu'il est un homme mais tout simplement parce qu'il gagne le double de mon salaire!».Tony, qui va bientôt être père d’une deuxième fille, sait d’avance qu’il ne pourra pas se permettre de s’arrêter. «Je gagne 2.200 euros, je perdrais trop», écrit-il.

«Cette loi aurait dû réformer les salaires des femmes en entreprise», nous dit Amélie, plutôt que la durée du congé octroyé à chacun. Ce que le gouvernement aurait pu faire pour Solex, père en congé parental en ce moment, c’est «clarifier tous le processus d’aides, et organiser le retour en poste avec période de formation et remise à niveau.»

Contrariés dans leur organisation familiale, refusant d’être amputés du salaire le plus élevé du ménage, plusieurs internautes prévoient alors d’avance, que personne n’utilisera les six derniers mois du congé parental. Restera à trouver une structure qui acceptera leur enfant pour seulement six mois, avant son entrée en école maternelle. «En crèche? interroge Christelle. Pas la peine d'y penser, les places sont rares et le resteront. Chez une nounou? Pas sûr qu'elle accepte un contrat de six mois et dans certaines régions, elles sont surbookées. Donc si l'un des parents travaillait à temps partiel (devinez qui?), il risque de démissionner... Bravo l'égalité.»