Le Quidditch, «c'est pas un sport de geeks»

Mathieu Gruel

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Le Paris Frog Quidditch, lors d'une séance d'entraînement à la Cité Internationale Universitaire de Paris, le 10 juillet 2013.
Le Paris Frog Quidditch, lors d'une séance d'entraînement à la Cité Internationale Universitaire de Paris, le 10 juillet 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Je suis allergique à Harry Potter». Amoureux transis du célèbre sorcier, du balai. Sur le grand parc qui jouxte l'Université de Paris (14e), où se retrouve l'équipe Paris Frog Quidditch pour s'entraîner, on vient pour faire du sport. Pas pour tailler une bavette au sujet des personnages créés par J.K. Rowling.

C'est pourtant dans les romans de l'auteur britannique qu'est né ce sport un peu  particulier. Alors forcément, «c'est arrivé qu'on vienne nous voir, en croyant qu'on était un fan club, explique Soraya, 21 ans, présidente de l'association Paris Frog Quidditch. Du coup, certains ont été surpris». Quand d'autres ne sont jamais revenus. «C’est pas un sport de geeks», sourit l’étudiante en Staps.

La dizaine de joueurs à s'être donné rendez-vous ce soir-là répond aux ordres d'Harry (ça ne s'invente pas). Mais pas d'erreur: «Je suis pas fan d’Harry Potter», lâche le coach, qui donne de la voix pour conduire l’échauffement. Une fois celui-ci terminé, un petit match se met en place.

Balai pas volant

Les mots «Broon's up!» lancent la partie. Qui ne se terminera qu'une fois le vif d'or attrapé. Et dans notre monde des Moldus, point de bestiole qui virevolte, mais un humain avec une balle de tennis planquée dans une chaussette, accrochée à son short.

VINCENT WARTNER/20MINUTES

Quant aux balais, ils ne volent pas non plus. Les premières foulées avec ce bout de bois coincé entre les guiboles se révèlent d'ailleurs assez déroutantes. Mais «on l'oublie rapidement», rassure le coach de l’équipe vice-championne d’Europe de la discipline.

Effectivement, mieux vaut être attentif à ce qui se passe sur le terrain. Dans les équipes, composées chacune de sept joueurs, trois poursuiveurs se disputent le «souafle», sorte de ballon qu'ils doivent lancer dans les trois cerceaux de l'équipe adverses, que protège un gardien. Chaque tentative réussie rapporte dix points.

Sport mixte

Pendant ce temps-là, deux batteurs tentent de dégommer les poursuiveurs avec une balle. Si ces derniers sont touchés, ils doivent alors retourner dans leur embut, avant de pouvoir reprendre le jeu. De son côté, l'attrapeur essaye de récupérer le vif d'or, qui lui rapportera 30 points.

VINCENT WARTNER/20MINUTES

Ainsi, le jeu se déroule sur plusieurs niveaux. «C'est ce mélange entre la balle au prisonnier, le rugby et le handball qui m'a séduit», explique Flora, qui pratique le Quidditch depuis la création de l'équipe, en 2012.

Ces dernières années, six équipes ont ainsi vu le jour en France. Chacune composée d'une vingtaine de joueurs, dont pas mal de filles. Car en plus d’avoir un «côté fun», ce sport, qui n'en est pas tout à fait un faute de fédération, présente la singularité d’être mixte. Une vraie chance pour ceux qui souhaitent rencontrer leur Harry ou leur Hermione.

Le Paris Frog Quidditch propose des initiations de quidditch, dans le cadre de Geek Faëries. Le festival, consacré à la culture geek et aux mondes imaginaires, se déroule de vendredi à dimanche à Griselles, près d’Orléans (Loiret).