Vol dans une bijouterie à Cannes: Le voleur arrêté à cause d’une ceinture non bouclée

William Molinié

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La Croisette à Cannes, le 30 juillet 2013.
La Croisette à Cannes, le 30 juillet 2013. — VALERY HACHE / AFP

L’enquête avance mais les chances d’identification sont «minces». Les policiers du district «atteintes aux biens» tentent de remonter la trace de l’homme et de la femme qui ont pu apporter leur aide à A. R., un jeune homme de 25 ans, écroué samedi à la maison d’arrêt de Grasse pour le vol d’une bague dans la bijouterie Korloff sur la Croisette à Cannes le 22 août dernier.

Lui en pantalon rose, elle en robe «extravagante», selon un enquêteur, le faux-couple, se présentant comme des touristes de Dubaï, avait réussi à détourner l’attention de l’employée de la bijouterie. «Ils se sont fait présenter des bijoux sur le comptoir. Et sont parvenus à subtiliser une bague de trois carats d’une valeur de 72.000 euros», raconte à 20 Minutes un enquêteur. Ce n’est que le soir, en faisant l’inventaire, que le bijoutier s’est rendu compte de l’entourloupe, à la manière de Jean Herrina, surnommé «Prince des voleurs» pour ses nombreux vols par ruse dans les bijouteries, au début des années 2000.

Recherché en Angleterre

Les enquêteurs du nouveau groupe d’investigation transversale de la sécurité publique créé en début d’année et installé au commissariat de Cannes, sont mis sur l’affaire. L’un d’entre eux va éplucher vingt heures de vidéosurveillance avant d’identifier la plaque d’immatriculation de la Fiat 500 noire de location dans laquelle les deux faux Dubaïotes ont pris la fuite.

Les fichiers sont interrogés. Et une identité en ressort: A.R., 25 ans, originaire de Marseille. L'individu a pratiquement fait le tour d’Europe et n’en est pas à son coup d’essai. Il est d’ailleurs recherché en Angleterre pour un contrôle judiciaire qu’il n’a pas respecté après être tombé pour plusieurs vols. En France aussi, il est connu pour des larcins qualifiés de «haut de gamme» par un enquêteur.

Les policiers rentrent immédiatement son nom dans le fichier des personnes recherchées. On ne sait jamais… Et coup de chance, il y a une semaine, le 12 septembre, le nom du fugitif est soufflé sur les ondes radio par des policiers de Bondy (Seine-Saint-Denis), au cours d’un banal contrôle routier. L’homme recherché par la justice pour le vol de bijou roulait sans ceinture de sécurité.

44.000 euros dépensés en location de voitures

Placé en garde à vue et confondu par l’évidence de la vidéosurveillance, A.R. reconnaît rapidement les faits. Les policiers, qui savent grâce à son téléphone portable qu’il est allé en Belgique juste après le vol, le font parler. Il dit avoir vendu le bijou à un commerce d’Anvers. Pour 10.000 euros, seulement. Sans doute, ment-il, soulève un policier, estimant à la hausse la transaction. «Mais il se défend en disant qu’il voulait aller au plus vite. Il a fait deux magasins et au troisième, c’était fait», raconte-t-il.

Le jeune adulte vit bien au-dessus de ses moyens. Il ne reçoit aucun centime d’euros ni en France ni ailleurs en Europe. Mais il vient de dépenser 44.000 euros en voitures de location. «D’où vient l’argent?», questionnent les enquêteurs. Lui répond qu’en partant d’Outre-Manche, il a pris le soin de récupérer son «butin», 110.000 livres sterling, dit-il, provenant d’anciens vols. «Aujourd’hui, je n’ai plus rien», jure-t-il.

Les policiers sont désormais à la recherche de la femme qui l’accompagnait chez Korloff. Elle n’a rien touché et n’a pas glissé un seul mot dans la bijouterie. Un autre homme est dans le viseur, celui qui a conduit la voiture utilisée pour l’itinéraire de fuite. Là encore, la vidéosurveillance n’a pas fait de miracle. Menace ou conseil, un policier avise: «Ils feraient mieux, tous deux, de se présenter au commissariat, avant d’être identifiés.»