Interdiction des concours de «mini-miss»: «N’enfermons pas les femmes dans un corps de Barbie»

W. M.

— 

Des militantes féministes, membres de l'organisation «Osez le Féminisme», le 26 août 2013 à Paris.
Des militantes féministes, membres de l'organisation «Osez le Féminisme», le 26 août 2013 à Paris. — THOMAS SAMSON / AFP

Par 196 voix pour et 146 contre, les sénateurs ont adopté dans la nuit de mardi à mercredi un amendement de la centriste Chantal Jouanno qui prévoit une sanction de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende pour les personnes qui organisent des concours de beauté pour les enfants de moins de 16 ans.

Anne-Cécile Mailfert, porte-parole du réseau de militants et militantes féministes Osez le Féminisme, estime que ce vote est «une avancée» et «s’en réjouit». «Ce type de concours faisait naître des complexes chez les jeunes filles. L’idée est d’empêcher qu’il y ait ce type de développement et de dire que la femme peut se valoriser autrement que par son physique dans cette société de l’apparence», soutient-elle.

Sensibilisation à l’école

«Les femmes sont des êtres humains, elles peuvent être très créatives et très intelligentes. Ne les enfermons pas dans un corps de Barbie», poursuit la militante. Pour autant, elle reconnaît que ce n’est pas «juste l’interdiction d’un concours» qui «va changer les choses». «C’est un élément indispensable. Mais on milite aussi sur la problématique des publicités sexistes et pour qu’il y ait des actions de sensibilisation faites à l’école.»

De son côté, la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, n’était pas favorable à une interdiction pure et dure de ces concours. Elle avait d’ailleurs proposé un amendement pour que l’organisation de ces concours soient soumis à une autorisation préalable.