Karim Achoui, le 17 septembre 2013 à son arrivée à la cour d'assises de Paris.
Karim Achoui, le 17 septembre 2013 à son arrivée à la cour d'assises de Paris. — MARTIN BUREAU / AFP

JUSTICE

Début mouvementé du procès de la tentative d'assassinat de Karim Achoui

L’ex-avocat ne s’est pas présenté à l’audience de l’après-midi...

Le procès de la tentative d'assassinat de l'ex-avocat Karim Achoui en 2007 s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de Paris dans la confusion, avec une bouderie de la victime, l'annonce de révélations d'un accusé et le malaise d'un autre. Le 22 juin peu avant 22h, Karim Achoui, avocat pénaliste médiatique qui s'est fait une réputation en défendant des figures du milieu, est atteint par deux balles de gros calibre alors qu'il vient de quitter son cabinet du boulevard Raspail (Paris VIIe).

Dans le box des accusés figure le tireur présumé, Ruddy Terranova, petit, cheveux courts et large barbe. A ses côtés ont pris place le pilote présumé d'une moto sur laquelle deux hommes avaient pris la fuite, Mamadou Ba, grand de taille et portant des lunettes, et Djamel Hakkar, crâne rasé, visage émacié, vêtu d'un blouson noir, qui, selon l'accusation, aurait commandité l'action depuis sa cellule.

Sont également renvoyés trois hommes présentés comme des intermédiaires de l'opération : Jacques Haddad, figure du grand banditisme, Brahim Bordji et Nordine Kherbache qui comparaissent libres.Aucun des six hommes n'a reconnu les faits et l'instruction n'a pas permis de déterminer leur mobile.

Karim Achoui serein à son arrivée au palais

A son arrivée au palais, Karim Achoui, pull à col roulé et costume bleus, s'était dit «serein», tout en ironisant sur le sort que la justice lui a réservé jusqu'ici.L'ex-avocat a été accusé d'avoir favorisé l'évasion d'un de ses clients, le braqueur Antonio Ferrara, avant d'être finalement mis hors de cause. Il a aussi été condamné pour «complicité de faux» et radié du barreau pour des manquements répétés à la déontologie.

Pour Karim Achoui, l'enquête judiciaire est loin d'avoir répondu aux questions posées.

«On a essayé de démontrer que cette affaire est un fait divers lié à un client mécontent mais on n'en a pas trouvé trace. Ce dont je suis certain, c'est que Ruddy Terranova est l'homme que j'ai reconnu. Son conducteur, je veux bien, parce qu'il était venu à mon cabinet quelques jours avant. Pour les quatre autres, j'apprendrai à les découvrir lors de ce procès», a-t-il glissé.

File d'attente

L'avocat général, Bruno Sturlese, a surpris en annonçant avoir reçu un courrier de Mamadou Ba promettant des révélations en échange d'un statut de repenti et d'une protection pour lui et sa famille.Expliquant ne pas pouvoir passer ce type de contrat, le représentant du ministère public a invité l'accusé à se demander s'il souhaitait ou non dire la vérité. «On verra lors des débats», a lâché Mamadou Ba.

Après l'exposé dans la matinée des faits reprochés aux accusés, la cour a entamé l'examen de leur personnalité. Premier sur la sellette, Mamadou Ba, 31 ans, français d'origine sénégalaise, décrit son parcours, celui d'un jeune de banlieue issu d'une famille nombreuse : un père, ses deux épouses et leurs 12 enfants. Sa dérive après sa rencontre en prison à 20 ans pour un vol de vêtement avec un repris de justice chevronné. Le jeune homme a déjà été condamné 19 fois et passé dix années en prison.

L'ex-avocat n'a pas regagné l'audience

La présidente Xavière Simeoni s'étonne alors de l'absence de Karim Achoui qui n'a pas regagné l'audience à la reprise des débats. Selon plusieurs témoins, l'ex-avocat a refusé de passer sous le portique de sécurité, expliquant à la presse «ne pas se sentir traité dans ce procès comme une partie civile».

A l'audience, l'un de ses quatre avocats, Me Christian Saint-Palais, a expliqué que son client ne refusait pas les contrôles mais souhaitait ne pas patienter dans la file d'attente aux côtés des trois accusés qui comparaissent libres.Selon un de ses avocats, une solution a finalement été trouvée et Karim Achoui devrait donc retrouver mercredi son siège de partie civile.La première journée d'audience a été également perturbée par Djamel Hakkar qui a demandé à quitter l'audience en évoquant une occlusion intestinale. La présidente a alors suspendu les débats pour laisser procéder à son examen médical.