Garde d’enfant: L’échange entre parents prend son envol

Delphine Bancaud

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Un fillette, lors d'un baby sitting.
Un fillette, lors d'un baby sitting. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Pas évident en temps de crise de débourser de sept à neuf euros pour une heure de baby-sitting. Du coup, certains parents ont opté pour le système D: l’échange gratuit d’heures de garde. Sur plusieurs sites comme lagarderie.fr, parent-solo.fr, entraide.consoglobe.com, trocmamans.com, magicmaman.com, les parents communiquent entre eux pour garder mutuellement leurs enfants.  

Un concept solidaire qu’a repris à son compte une association pour lancer en décembre dernier troctagarde.com. Sur ce site, les parents peuvent proposer leurs services pour une garde occasionnelle à une autre famille habitant dans le même quartier. Ils acquièrent ainsi des points (une heure de garde donnant un point) qui leur permettrent de bénéficier en retour d'heures de baby-sitting gratuites. «Actuellement, le site compte 350 adhérents à travers la France et le bouche à oreille fonctionnant bien, il devrait vite s'étoffer. D'autant que nous offront pendant deux mois les frais d'adhésion (soit 12 euros par an)», promet Claire Cauchetier, présidente de l’association qui gère le site.

«Mes enfants sautaient de joie à chaque fois»

Le site offre aussi des garanties de sécurité aux parents: «Ils peuvent sélectionner par exemple les annonces provenant uniquement des parents ayant un enfant scolarisé dans la même école que leurs bambins. Et ils ont accès à la fiche de chaque adhérent mentionnant ses coordonnées», préciseClaire Cauchetier. D’ailleurs, la plupart des usagers font généralement affaire avec des parents qu’ils ont déjà croisés dans le quartier.

C’est le cas de Marine, mère de trois enfants qui habite à Cannes. «J’ai déjà gardé trois fois des enfants, et j’ai aussi confié les miens à trois reprises. A chaque fois je connaissais au moins de vue les parents». Un système que Marine apprécie car elle ne fait jamais garder ses enfants par des baby-sitters pour des raisons économiques.«Et mes enfants sautaient de joie à chaque fois qu’ils ont été accueillis chez une autre famille. C’était comme une sortie pour eux et pour nous l’occasion d’aller par exemple, au cinéma». Convaincue par le concept, Marine en a parlé à tous ses amis, qui ont promis de s’inscrire sur le site afin que le réseau s’agrandisse encore...