Accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge: «Le temps judiciaire exclut les généralisations hâtives et les intuitions», selon Pepy

M.Gr.

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Guillaume Pepy, lors d'une conférence de presse sur le drame ferroviaire de Brétigny, le 24 juillet 2013
Guillaume Pepy, lors d'une conférence de presse sur le drame ferroviaire de Brétigny, le 24 juillet 2013 — WITT/SIPA

S’il est prêt à partager «toutes les informations disponibles», Guillaume Pepy ne peut pas aller plus vite que le temps judiciaire. «Celui-ci exclut les généralisations hâtives et les intuitions», a ainsi rappelé le président de la SNCF, mercredi lors d’une conférence de presse. La cinquième consacrée aux suites du drame ferroviaire survenu à Brétigny-sur-Orge (Essonne), le 12 juillet.

Mardi, Le Monde avait pourtant pointé au moins une quarantaine d’anomalies «de degrés divers» au niveau de l’aiguillage incriminé dans l’accident. Et ce mercredi, c’est Le Figaro qui a mis en avant «les anomalies de l’enquête préliminaire» cette fois. Aussi, après avoir redit «le choc terrible qu’avait été cette catastrophe», Guillaume Pepy a confié aux journalistes: «Vous en savez peut-être plus que nous.»

Un temps judiciaire «frustrant»

Si «nous avons lu qu’il existerait 40 anomalies», a poursuivi le président de la SNCF, «nous n’avons pas cette information». La raison avancée par Jacques Rapoport, le président de Réseau ferré de France (RFF), est simple: «Nous n’avons pas accès au dossier judiciaire.»

De fait, dans «ce temps judiciaire qui peut être frustrant pour les victimes et leurs familles», a ajouté Jacques Rapoport, «les initiatives appartiennent aux enquêteurs et nos experts contribuent lorsque la demande est faite», a ajouté Guillaume Pepy.

L’analyse métallurgique très attendue

Excluant tout «déni ou tabou», et réaffirmant que «nous faisons face dans la transparence», le président de la SNCF a rappelé, au sujet de l’éclisse mise en cause dans la catastrophe, que «c’est l’analyse métallurgique qui va permettre de savoir s’il manquait des boulons».

Quant au reste du réseau, une vérification nationale conduite sur les aiguillages n’a pas montré la nécessité d’«intervention particulière». Annonçant qu’un réseau d’experts international avait été mis en place, Guillaume Pepy a également indiqué qu’il allait demander, au conseil d’administration de l’entreprise, à pouvoir rendre publics les rapports de sécurité annuels. La transparence, toujours.