Neuf Femen jugées vendredi pour leur action à Notre-Dame

JUSTICE Neuf membres des Femen avaient choqué certains en "célébrant" le renoncement du pape Benoît XVI en la cathédrale Notre-Dame...

avec AFP

— 

L'Ukrainienne Inna Shevchenko, leader des Femen, et une autre membre du groupe féministe le 13 septembre 2013 à Paris.
L'Ukrainienne Inna Shevchenko, leader des Femen, et une autre membre du groupe féministe le 13 septembre 2013 à Paris. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Neuf femmes du groupe féministe Femen comparaissent vendredi à Paris pour des dégradations à Notre-Dame après leur action de l'hiver dernier dans la cathédrale pour fêter, à leur manière, le renoncement du pape Benoît XVI.

Le 12 février, les féministes, qui avaient préalablement averti les agences de presse, s'étaient dissimulées dans le flot de touristes avant de se jucher sur le socle de trois des nouvelles cloches provisoirement déposées dans la nef.

«Bye bye Benoît»

Exhibant comme à chacune de leurs actions leurs seins nus, les jeunes femmes avaient crié «Pope no more» (plus de pape) en faisant tinter les cloches avec des morceaux de bois.

Sur le torse et le dos, elles arboraient des slogans tels que «No homophobe», «Crise de la foi», «Bye bye Benoît».

Poursuivies pour dégradations dans un lieu de culte

En ce jour où allait être adopté à l'Assemblée nationale le projet de loi sur le mariage homosexuel, elles avaient scandé sur le parvis «In gay we trust» ou encore «Dégage homophobe», après avoir été expulsées manu militari de l'édifice. L'une d'elle avait eu une dent cassée.

Face à cette «provocation inutile», ce «geste grossier», le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait fait part de sa «consternation». Le maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë avait quant à lui exprimé sa «tristesse», réprouvant un «acte qui caricature le beau combat pour l'égalité hommes femmes et choque inutilement de nombreux croyants».

Les jeunes femmes sont poursuivies pour dégradations dans un lieu de culte en réunion.

«Chasse aux sorcières»

Ces accusations «ne sont rien d'autre qu'un procès de l'Eglise pour nous punir pour blasphème», estime Inna Shevchenko, chef de file des Femen en France, qui comparaîtra devant le tribunal correctionnel avec huit Françaises.

Selon cette jeune Ukrainienne de 23 ans, cela s'inscrit dans la tradition de «chasse aux sorcières» du catholicisme et il n'y a «aucune preuve», selon elle, des dégradations qui leur sont reprochées.

Dans un message sur Facebook, Femen dit attendre «impatiemment ce face-à-face avec l'Église catholique qui est évidemment un face-à-face symbolique puisque tout le monde sait que nos tétons sont bien incapables de rayer des cloches!»

D'une simple contravention jusqu'à 10 ans de prison

Me Patrick Klugman, avocat des Femen, dénonce quant à lui une «procédure artificielle», émettant de «grands doutes sur sa validité».

Ses clientes «ne savent même pas ce qu'elles encourent», ajoute l'avocat, l'infraction qui leur est reprochée pouvant être sanctionnée d'une «simple contravention» jusqu'à 10 ans de prison.

Il s'agissait bien d'une «manifestation politique dans un contexte politique», soutient Me Klugman, affirmant que le propos des Femen «n'est pas de blesser les croyants ou porter atteinte à un édifice cultuel».